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Argentine
Journal de bord
Lundi 2 juillet 2001 (Norbert qui écrit) : Lessive, renseignements et départ pour Iguaçu
Après une grasse mat bien méritée, une lessive et un ti-déj, nous prenons le métro et allons nous renseigner pour quitter la ville qui paraît sans intérêt (quelle erreur finalement !), et bien au dessus de nos moyens. Nous faisons le tour de diverses agences et optons pour la moins chère : 50$ par personne pour 19h de route ! Le luxe dans les bus est apparemment obligatoire et les trains sont inexistants. Départ pour Iguaçu prévu à 20h, nous avons le temps de parcourir la ville. Une heure d'internet pour donner des nouvelles puis recherche de pellicules diapo : rien à moins de 10$, on laisse tomber. Même pour manger on galère, on finit chez Mac Do. Quelques courses dans un supermarché puis petite halte sur la place 25 de Mai. Nous sommes passés auparavant dans une librairie française avec l'espoir d'y échanger un livre, peine perdue car pas d'échange possible, les livres neufs sont hors de prix, le Monde et le Figaro à plus de 20f ! Retour à l'hôtel par le métro. On remballe le linge presque sec et fermons les sacs. On arrive à la gare de bus 15mn en avance puis c'est le départ. Nous avons pris des places à l'avant du bus, au premier étage, la vue est panoramique. La bouffe n'est, par contre, pas à la mesure du confort, les riz-petits pois de Stéph n'ont pas fini de décongeler.
Mardi 3 juillet : Route vers Iguaçu et installation à l'auberge
Le paysage est vallonné, beaucoup de plantations de sapins. Ce serait la France s'il n'y avait pas ces palmiers de temps en temps. Arrivés à Iguaçu, nous optons encore pour une auberge de jeunesse, pas loin du centre. Les rues sont pavées et presque rouges. Quelques courses, renseignements pour aller aux chutes, puis lessive. Le soir nous dévorons une énorme pizza.
Mercredi 4 juillet : Visite des chutes d'Iguaçu
Ce matin nous partons pour les chutes (8$ aller retour par personne pour le bus + 5$ pour l'entrée). Il y a peu de touristes et c'est tant mieux. Le temps est couvert mais semble s'éclaircir. On prend quand même des photos. Nous commençons par la partie haute, sur des chemins métalliques bien aménagés. Les chutes s'étendent au loin, jusqu'au Brésil. La partie basse est aussi impressionnante ; un arc en ciel est là en permanence.
Jeudi 5 juillet : Port et soirée casino
On part à la recherche d'un casino qui apparaît sur le plan de la ville, on finit par le trouver mais il est bien trop tôt. Le midi on mange des sandwichs que l'on s'est préparés au pied d'une espèce d'HLM derrière la gare. On part ensuite à la recherche du port toujours indiqué sur le plan. On y parvient au bout d'une heure, après avoir chipé des clémentines dans un jardin. Il ne s'agit en fait que d'un petit poste de police, de quelques barques et d'une dragueuse à l'ouvrage. Après quelques indications demandées aux policiers, nous remontons la route pour arriver à l'endroit dit des “3 frontières”. Deux rivières se croisent ici, le Brésil est en face, le Paraguay à gauche. Nous mangeons au retour un hamburger dans un resto style routier, passons à la poste puis on s'arrête dans le centre faire un coup d'internet où plein de courrier nous attend. Après manger nous filons au casino en prenant des raccourcis qui nous font passer chez des gens. On décide de jouer 10$, il n'y a pratiquement personne, on perd tout très vite. Au retour on se paume, des chiens aboient derrière les grilles, on n'est pas fiers.
Vendredi 6 juillet : Direction Tucuman
Nous avons réservé un bus pour 57$ chacun, direction Tucuman. On se rend à la gare et, comme nous sommes en avance, on étale le linge qui n'est pas encore sec. Un bus arrive. L'heure approchant je vais me renseigner. C'est effectivement le bon bus mais le confort n'a rien à voir avec le précédent. Nous montons presque en catastrophe et nous installons devant. Impossible de caser nos jambes, on déménage vers des places libres. L'hôtesse nous sert le repas. Au menu une brochette fromage-jambon, un sandwich fromage-jambon et une petite brochette au jambon cru !
Samedi 7 juillet : Continuation vers Salta
Arrivée à Tucuman. On avait prévu de passer la nuit ici, mais la ville nous attire vraiment bof bof. Alors on décide de renchaîner sur 4h de bus pour Salta. On parcourt plusieurs guichets qui, soit sont complets, soit ne font pas la destination. Un seul d'entre eux, plus cher (on ne sait pas pourquoi), nous vend un billet pour 11h30. Il aura finalement 2h30 de retard au départ, mais le repas jamais égalé. Nous arrivons à Salta à 19h00 et deux personnes à la descente du bus nous proposent leurs hôtels. Nous optons pour l'auberge de jeunesse que nous avions repérée dans le guide et en plus il nous y emmène gratuitement. La chambre est sympa, toilettes, douche et cuisine juste à côté. L'hôtel nous propose tout de suite une soirée en ville, à la “Pena des Gauchos de Jueves”. Nous mangeons quelques empanadas avec un verre de vin, pendant que chanteurs et danseurs défilent sur l'estrade. L'animateur s'en donne à cœur joie, tout se termine vers minuit. A la sortie, alors que deux groupes s'étaient partagés une voiture et un minibus à l'aller, il n'y a plus qu'une voiture. Les plus fatigués sont invités à rentrer en voiture, alors que le reste du groupe entame une longue marche de retour. Le piège est ouvert, Stéphanie est rentrée en voiture, quant à moi, au bout de vingt minutes de marche avec le groupe qui, me semblait-il, rentrait à l'hôtel, je me retrouve dans un bar avec canadiens et argentins. Tout le monde commande à boire et moi, gêné, qui n'ait ni argent ni envie de rester là, j'essaye de me faire expliquer sur le plan de la ville, que j'ai la chance d'avoir sur moi, où l'on se trouve. Je mettrais trente minutes pour rejoindre Stéph qui, vu l'heure - environ 2h – , est prête à se coucher. Après 23h de bus et cette soirée on s'effondre sur nos lits, pas fiers !
Dimanche 8 juillet : Projets et découverte de Salta
Aujourd'hui grande balade de prévue, de quatre heures aller – retour, pour la cime qui domine Salta. Un téléphérique y va mais, premièrement, on n'est pas des PD, deuxièmement l'aller – retour est cher, troisièmement en fait il est fermé, c'est sûrement pas la saison. Vu qu'en chemin on passe devant l'office du tourisme on en profite pour prendre des renseignements. On avait vu sur le guide : un aller simple avec “le train dans les nuages” jusqu'à San Antonio de Los Cobres pour 100$ par personne, et du coup abandonné cette idée. L'office nous propose une autre solution : 30$ par personne pour trois jours de train au lieu de la journée. Finalement on s'arrête sur la place pour discuter de tout ça. Nous décidons d'abandonner la boucle en bus via Cafayate, et de partir jeudi pour le train dans les nuages. Nous mangeons sur place et allons nous balader ; on abandonne la grande marche prévue, on fait des courses pour se faire une compotée de poivrons et visitons l'autre hôtel qu'on nous avait proposé à la gare routière.
Lundi 9 juillet : Déménagement, balade au bord du lac…
Après le bordel d'hier soir dans l'hôtel, on décide de changer pour celui visité hier. On emménage dans une chambre du bas et du coup sommes isolés de la cuisine et de l'entrée, donc du bordel. Balade, dans un petit parc avec jets d'eau, canards, palmiers, et sieste… On fait quelques courses pour demain.
Mardi 10 juillet : Les environs de Salta
On prend un bus qui sort de Salta et monte vers une petite ville chicos. Petite balade en forêt décevante. On retourne attendre le prochain bus. Un taxi arrive et des argentins nous proposent de le “partager”. En fait ils payent la course complète, descendent à l'entrée de la ville et versent un petit supplément pour que le chauffeur nous dépose à la gare ferroviaire. Ce couple sympathique avait voyagé l'année dernière en Europe, ce qui nous vaut peut-être cette sympathie. Arrivés à la gare l'employé nous dit qu'il n'y a pas besoin de réserver. Nous allons donc faire des courses pour notre expédition et retour à l'hôtel.
Mercredi 11 juillet : Le train dans les nuages
Nous laissons un gros sac à dos à l'hôtel puis partons à la gare. Il y a foule, et un seul wagon voyageurs contre deux prévus. Stéph fait la queue au guichet, on croise les doigts. On obtient deux places debout. Le train part à peu près à l'heure. On est dégoûtés d'être debout et on se pose des questions pour la suite du voyage, surtout pour la nuit. Au bout d'une heure, deux places côté couloir se libèrent, puis encore une heure et deux places côté fenêtre. On sort des carottes, que nous avons épluchées la veille, pour le déjeuner, ce qui amuse beaucoup les locaux. Après San Antonio de Los Cobres il n'y a pratiquement plus que des touristes dans le wagon. Quatre places pour nous, on sort les sacs de couchage et on s'installe pour la nuit. On a maintenant passé les 4000m et j'ai du mal à respirer. Idem pour Stéph avec mal de crâne en plus, sans parler des vertiges dès que l'on fait un mouvement. Malgré deux sièges l'un en face de l'autre impossible de dormir. Je sors la couverture de survie que j'installe à même le sol, m'allonge dans le couloir et finis par m'endormir.
Jeudi 12 juillet : Arrivée au Chili, paysages grandioses
Stéph est déjà réveillée. Encore dans son duvet, elle admire le paysage. On décide de prendre un ti'déj à l'arrière du wagon : café et chocolat avec un morceau de gâteau. A peine le temps de finir, le train s'arrête, nous sommes à la frontière du Chili. Une heure d'arrêt dans ce bout du monde, quelques baraques, poste frontière, et autres. Un sommet enneigé à droite, une montagne orange-beige à gauche. La locomotive passe de l'autre côté, nous devons donc changer de place pour ne pas voir le même paysage au retour. Ce sera la plus belle partie du voyage : dégradés de couleurs dignes d'aquarelles, lagunes à moitié gelées entourées d'herbe sèche couleur or, traversée d'un salar, tout est grandiose, sauf la locomotive avec ses wagons dans le fossé et le petit cimetière un peu plus bas. Au dîner : sardines sur canapé. Hier c'était à la tomate, aujourd'hui c'est nature, à l'huile. Après un coucher de soleil sur les montagnes rose-violettes, nous nous apprêtons pour une deuxième nuit.
Vendredi 13 juillet : Retour à la civilisation
Encore dans nos duvets, des locaux commencent à affluer dans le train au fur et à mesure des gares. Nous libérons donc les deux places côté couloir mais gardons les duvets sur nous ; il fait encore très froid. Une grand-mère et sa petite fille s'y installent ; Stéph essaye de parler à la petite, elle aimerait la prendre en photo. Un gâteau à la petite, un autre à la grand-mère, Stéph finit par la prendre. J'appréhende la réaction de la fillette après le flash ; elles sortent vraiment de leur campagne. Le paysage devient moins intéressant au fur et à mesure de la descente, seuls les gros cactus apportent un attrait. Bref, on est blasés ! Encore quelques arrêts, des broussailles en feu le long de la voie manquent de brûler un voyageur qui regardait pas la fenêtre en sens inverse. Enfin arrivés, après trois jours, à la vitesse fulgurante de 30 km/h , et deux mauvaises nuits, nous avons le courage d'aller réserver des places de bus pour le lendemain à 22h. De retour à l'hôtel on récupère le sac de Stéph laissé en consigne, douche, manger et dodo.
Samedi 14 juillet : Départ pour la Bolivie
Coucher à 23h, lever à 11h : douze heures de sommeil, on en avait vraiment besoin ! Après une partie de ping-pong, encore quelques courses. On fait un tour au marché couvert, on m'achète une casquette et on passe l'après midi sur la place. Puis l'air se radoucit, on retourne à l'hôtel pour se préparer les deux steaks frites achetés ce matin. Bref, grosse bouffe, avant le départ pour la Bolivie. A 22h le bus démarre et ne cesse de grimper. Toute la nuit, la température, elle, diminue proportionnellement.
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