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Bolivie
Dimanche 15 juillet 2001 (Norbert qui écrit) : Passage de la frontière argentino-bolivienne, arrivée à Tupiza
Arrivés à La Quica (toujours en Argentine) au petit matin, à 3000 et quelques mètres d'altitude. On est parti le soir, il faisait 15°, il doit faire –10° maintenant. J'enlève ma polaire pour en ajouter deux autres dessous ; je n'ai jamais eu aussi froid de ma vie !
On enfile les sacs à dos et parcourons, sous le ciel étoilé, les 500m qui nous séparent de Villazon, frontière bolivienne. Coups de tampons, et encore 300m pour arriver à la gare routière. Encore congelée, Stéph part faire du change. Il est 7h du matin. Dans le bus qui nous emmène à Tupiza, l'ambiance a changé. Les indiens sont omniprésents et la misère des villages que nous traversons est flagrante. Par contre, encore des paysages magnifiques au fur et à mesure que l'on se rapproche de Tupiza. A l'arrivée un gamin nous propose l'hôtel que nous avions déjà choisi, nous le suivons. Une parés que nous nous empressons de rapprocher. Vers midi nous prenons un almuerzo (menu complet du midi) sur la place, après avoir vainement cherché un endroit où manger plus léger. On s'installe ensuite dans la cour, devant notre chambre ; on se laisse chauffer par le soleil lorsque deux français arrivent. On discute, puis on s'inscrit à une excursion pour le lendemain. Richard et Agnès habitent près de Strasbourg. Nous mangeons ensemble le soir.
Lundi 16 juillet : La quebrada de Tupiza
Petit-déj dans l'hôtel puis nous partons vers 9h pour l'excursion. Richard, Agnès, un anglais en vacances depuis six mois, avec le chauffeur et nous, cela fait six. Nous prenons la route prise par le bus le jour d'avant mais en sens inverse. Vers midi, pause déjeuner dans une espèce de canyon : des tamales (boule d'une pâte contenant diverses herbes et viande cuite dans des feuilles de maïs), sandwich, fruits, yaourt… super !
On repart pour “ la Porte du Diable”, puis vers un canyon très étroit de quatre kilomètres de long. Après cent mètres de marche c'est presque inaccessible. On repasse par la “Vallée des Mâles” : gros phallus de roche et de terre rouge sur fond de cactus.Nous retraversons ensuite Tupiza, et montons toujours plus haut dans la montagne pour finir sur un superbe panorama de la région.
De retour nous allons réserver les billets de train pour le lendemain. Nous poireautons presque une heure car il y a une longue file d'attente et beaucoup de personnes nous passent devant. Il faut jouer des coudes.
Le soir nous mangeons seuls. Enorme plat de poulet-riz-frites ; des flics, à une table derrière nous, sont complètement bourrés.
Mardi 17 juillet : Voyage en train pour Uyuni
Départ pour Uyuni, le train est très classe : un wagon restaurant avec service en nœud pap… Nous ne faisons que visiter. Un premier film policier humoristique avec l'ancien “Hugui les bons tuyaux”, puis le dernier Star Wars (tout en espagnol bien sûr !). Le train monte et finit par atteindre un plateau : lamas, terres gelées et sommets enneigés apparaissent.
Arrivés à Uyuni nous avons déjà opté pour un hôtel ; nous y filons direct.
Après s'être installés, nous commençons le tour des agences avec Agnès et Richard pour le voyage en 4x4 dans la région. Le choix est difficile, nous interrogeons les gens ayant déjà fait les quatre jours, les avis sont partagés, les prix aussi. Après déjeuner nous optons pour le moins cher. Après l'inscription nous faisons le marché pour acheter des gants et un bonnet à Stéph, de l'eau pour les quatre jours, pellicules photo et gâteaux secs.
Côté climat, il fait 15° dans la journée mais la nuit c'est glacial. Nous dînons d'un hamburger chacun, sur la place principale. Après ce repas à 4frs, je réchauffe le lit glacé et Stéph vient vite me rejoindre.
Mercredi 18 juillet : Salar d'Uyuni, Isla de los Pescadores
Nous avons rencard à 10h30 pour le départ, les deux belges rencontrés hier après midi, Agnès, Richard et nous deux. Nous avons demandé à l'agence d'être ensemble et de rester à six, au lieu de sept normalement, notre vœu est exaucé. Le chauffeur charge les sacs, nous aidons la cuisinière à charger la bouffe. Une fois installés dans le 4x4, dernière précaution : nous demandons au chauffeur où se trouve la radio en cas de panne. Il nous montre tout fier un radio-cassette, on laisse tomber !
Premier arrêt au bord du salar ; on nous montre comment on récolte le sel, on le sèche, puis l'iode est ajoutée, avec concassage, pour l'affiner.
Deuxième arrêt à l'hôtel de sel : tout est fermé mais on peut voir à travers les fenêtres. Le chauffeur, pendant ce temps, ouvre le capot du 4x4, et protège, semble-t-il, les joints en plastique du moteur avec des sacs plastique. En effet, il a neigé sur le salar il y a peu, et nous roulons dans cinq centimètres d'eau.
Forcément, au bout de quelques kilomètres, le 4x4 cale. Zaoul, notre chauffeur, escalade le pare-chocs pour atteindre le moteur, bidouille cinq minutes, et c'est reparti. On cale encore quelques kilomètres plus loin et ce coup-ci ça dure un peu plus longtemps. Alors on commence à s'inquiéter, car c'est impossible de descendre du véhicule avec la flotte, et le peu de 4x4 qui passent au loin ne s'arrêtent pas. Et puis, une fois de plus, ça redémarre.
On finit par arriver sur l' “Isla de los Pescadores” : cactus géants et le blanc immaculé tout autour. Mon appareil photo se détraque, à chaque fois que je recharge il prend une photo. Je peste, je rage, puis je finis par comprendre que mon déclencheur est bloqué. Je résous le problème et la ballade continue. On serait bien restés beaucoup plus de temps à nous promener sur l'île mais nous devons déjà revenir au 4x4 pour manger. Nous rencontrons en chemin une petite espèce de tatoo.
Nous repartons vers le sud et très vite nous retrouvons l'eau qui recouvre les roues de plus de dix centimètres. Le ciel bleu se reflète sur l'eau lisse, impossible de percevoir l'horizon s'il n'y avait pas quelques montagnes. On finit par retrouver la terre ferme sous forme d'une digue, une piste d'atterrissage en quelque sorte.
Encore un heure de route et nous arrivons à l'auberge où nous faisons , nous six, chambre commune. Super bouffe le soir : soupe de légumes, steak de lama avec purée et petite infusion.
Jeudi 19 juillet : Laguna Colorada
Petit-déj royal, puis départ vers la Laguna Colorada. En route nous nous arrêtons photographier des mousses vertes recouvrant des rochers, puis l'Arbre de Pierre que des ![]()
de british s'empressent d'escalader.
Une première laguna admirée et une photo vite fait… une deuxième où l'on s'arrête manger, flamands roses au loin, paysages indescriptibles… encore une, plus banale celle-ci, mais les flamands roses sont tout près. On s'avance en groupe lentement pour prendre encore quelques photos, puis décollage de la “meute”, superbe et encore indescriptible.
Nous arrivons à la Laguna Colorada vers 15h. Après avoir payé trente bolivianos, le 4x4 nous emmène à un ensemble de baraquements, où nous installons nos affaires dans une chambre commune.
On s'empresse ensuite de profiter des trois dernières heures du jour. Nous avons sorti tout le matos : damarts, polaires, KWay, gants, bonnets, tout, tout, tout. Nous marchons vingt minutes le long du rivage sur un parterre de sel puis gravissons une butte nous permettant d'avoir une vision panoramique de la laguna. Des flamands roses sont là, par centaines, la tête dans l'eau. Comment n'ont ils pas froid ? L'étendue d'eau est rouge-orange (dû aux algues), le ciel, bleu de chez bleu ! Superbe et encore une fois (désolé les copains) indescriptible. Vers 18h la nuit commence à tomber, le vent devient glacial, nous rentrons à la piaule. Moins 15°, c'est la température annoncée pour la nuit. On se fait un thé de poupoussa, plante d'altitude contre le mal des montagnes, puis un autre aux feuilles de coca pour le fun. Poulet-frites au menu, sur une grande tablée, et soupe de légumes avant, comme tous les soirs pendant ces quatre jours. Pas question de prendre une douche ce soir : d'abord il n'y a pas d'eau, et puis il fait trop trop froid (pas de chauffage bien sûr !). Nous gardons collants, chaussettes et damart pour dormir, certains même bonnets et gants. Le chauffeur a passé la soirée sur le 4x4 en tenue de mécano, est-ce bien rassurant ?
Vendredi 20 juillet : Trempette en altitude, Laguna Verde
Lever à 5h30. Après la nuit glaciale à l'extérieur, les 4x4 se font tracter les uns les autres pour démarrer. Nous partons de nuit et montons à 5000m voir des geysers et une espèce de boue en ébullition dans des crevasses.
Puis nous “redescendons”, pour arriver, vers 8h30, sur un lac où se déverse une eau à 30°, la source sans aucun doute alimentée par les geysers, au sommet. Des touristes en maillot de bain s'y baignent ; Stéphanie a enlevé chaussures et chaussettes et se réchauffe, de l'eau jusqu'aux genoux. Elle finit par me convaincre de faire la même chose. C'est super, ça réchauffe tout le corps, nous baignons dans une vapeur d'eau, tel un sauna ; encore des flamands roses au loin : ambiance irréelle.
Petit-déj au cul du camion, puis nous repartons vers la Laguna Verde. Après une ou deux haltes photo nous y parvenons. Le volcan Licancabur et, posté devant, la Laguna Verde (couleur verte due aux minéraux), superbes. Les flamands ne sont pas au rendez-vous ; nous repartons au bout d'une heure.
Pour le retour rien d'extraordinaire, je crois que nous sommes blasés après tout ce que l'on vient de voir. Nous passons par le village de San Cristobal et photographions l'église parce qu'il n'y a vraiment que ça.
La route, ensuite, est meilleure. Un arrêt photo où nous tentons d'approcher des lamas, puis nous arrivons à San Juan, petit village où nous passerons la nuit. Une “douche” (en fait un seau d'eau chaude) est apparemment disponible, mais après trois jours sans se laver, on attendra demain, et puis ça caille encore trop !
Samedi 21 juillet : Cimetière de locomotives, retour à Uyuni
Réveil à 9h ce matin, c'est royal ! Petit-déj, puis nous allons photographier vite fait l'église… décidément ! Puis, départ pour Uyuni. Nous nous arrêtons manger le midi dans un petit village, où nous faisons quelques parties de pétanque avec des galets, sur la place principale.
Arrêt ensuite au cimetière de trains, à deux kilomètres et demi avant Uyuni. Une centaine de locomotives du début du siècle (et même avant) sont stockées sur des rails, à la queue leu leu. Toutes sont bien sûr rouillées, et certaines taguées avec humour.
Arrivés en ville nous faisons plusieurs hôtels et optons pour celui repéré trois jours avant. Enfin une douche, et la chambre est pas mal du tout. Nous invitons les deux belges à prendre une douche car ils repartent le soir même. Je profite du toit de l'hôtel pour prendre quelques photos, et nous partons interneter.
Nous retrouvons ensuite Agnès et Richard dans un resto, ils finissent de manger, nous prenons leur table.
Dimanche 22 juillet : Potosi… et le vol du sac !
Petit-déj dans le même resto qu'hier soir, où nous poireautons longtemps.
Arrivés au départ des bus, les places que nous avions réservées il y a quatre jours ont été revendues. On change de trottoir (et donc de compagnie de bus) et prenons des billets pour un départ immédiat.
Arrivés à Potosi on se fait piquer le sac de Stéph. Nous filons direct à la police qui nous demande de repasser vers 21h.
Nous négocions une chambre pour la nuit. Précédemment nous sommes allés chez Entel passer plusieurs coups de fil (opposition travellers cheques, carte de crédit…). Retour à 21h chez les flics qui nous demandent de repasser le lendemain matin.
Lundi 23 juillet : Commissariat, départ pour Sucre
Après un dodo, les boules puissance dix, retour au commissariat. Il faut aller acheter un formulaire spécial, payant, dans un autre bâtiment, pour la déclaration de vol. On y va avec un flic… et c'est fermé ! Plus tard, une fois le formulaire obtenu, le flic (qui ressemble étrangement à un grand chef mafieux, affalé dans un grand fauteuil, ses sbires s'agitant autour de lui tels des mouches), pas commode, se décide à taper la déclaration à la machine. Tout le monde, ici, n'en a rien à foutre ; on a même l'impression de passer pour les coupables !
On se casse de ce "patelin" dans l'après midi, pour Sucre.
Une fois arrivés nous prenons une bus pour le centre ville et trouvons une piaule pas chère près de la place principale (nous n'avons plus notre guide sur la Bolivie , pas facile de se repérer lorsqu'on arrive en terre inconnue !). Après les 4000m d'altitude de Potosi, les 2700m de Sucre réchauffent !
Nous mangeons le soir au resto chinois et dodo.
Mardi 24 juillet : Découverte de Sucre
Peu de souvenirs de cette journée. Nous donnons pour la première fois du linge à laver, prenons des renseignements à l'office de tourisme, et nous baladons dans les environs. Le soir, bouffe au marché, et dodo.
Mercredi 25 juillet : Musée du textile, cimetière – étonnant !
Ti-déj au marché, puis nous redonnons du linge à laver. Nous partons ensuite visiter le musée du textile. Pas très grand, mais très instructif. Il y a, à la base, une intention de sauvegarder les différentes techniques de tissage propre à chaque région ; puis la qualité du tissage a été améliorée ; enfin le musée a été créé.
Visite, ensuite, du cimetière, et enfin, au retour, nous passons par un jardin, agrémenté d'une Tour Eiffel à petite échelle (environ 12m de haut), que les gamins escaladent !
Le soir, nous achetons un sac pour Stéph, afin qu'elle retrouve enfin une “identité”.
Jeudi 26 juillet : Grande balade vers le monastère
Grande balade pour arriver au monastère. Le midi, nous mangeons dans la rue. Au menu : des tamales, c'est comme un “tube” de pâte, farci de viande et cuit dans une feuille de maïs.
Une cinquantaine de baby-foot sont installés sur la place principale ; des gamins s'y activent. A la sonnerie de l'école, toute proche, c'est la débandade.Nous admirons la vue surplombant la ville, puis retour à la case départ.
A l'aller nous avons acheté des billets de bus pour la Paz. Nous achetons cette fois une pochette pour les papiers de Stéph (afin qu'elle complète son “identité” !).En fin de journée, sur une place proche de l'hôtel, nous discutons avec un vieux monsieur (bolivien) qui parle un peu français, un peu allemand…
Le soir nous retournons au resto chinois (si copieux…).
Vendredi 27 juillet : Voyage vers la Paz
Départ pour la Paz. Sur la route il me semble reconnaître le trajet pris à l'aller. Nous sommes dégoûtés lorsque nous voyons au loin Potosi apparaître. Presque trois heures de détour !
Samedi 28 juillet : Installation à l'hôtel, carnaval universitaire
Arrivée à la Paz vers 7h du mat, gros sacs dans le dos et petits devant, les mains dessus, et couteau ouvert dans la poche : faites pas chier ( la Paz a une mauvaise réputation) !
Nous tapons à plusieurs hôtels avant de trouver une piaule libre à bon prix. C'est la rentrée universitaire et un grand défilé est prévu pour toute la journée. Dans le dernier hôtel où nous entrons le veilleur de nuit dort encore ; nous en profitons pour visiter les lieux discrétos puis réveillons le dormeur, qui nous demande de repasser plus tard ! Nous squattons là en attendant.
Une fois pris possession de la chambre nous partons téléphoner à l'ambassade de France pour le passeport de Stéph, sans beaucoup d'espoir car nous sommes samedi.
Nous passons ensuite devant American Airlines, qui nous enfonce le clou en nous demandant cent dollars pour remplacer un billet d'avion qui vaut 96$ ! Nous rentrons à l'hôtel déprimer, puis dormir.
Nous ressortons plus tard : on se renseigne pour trouver l'adresse où récupérer nos travellers. Dans la rue le carnaval bat son plein.
Dimanche 29 juillet : Parc Simon Bolivar, paperasseries
Après un ti-déj dans la rue, nous partons chercher un bus pour Coroïco. Nous demandons à plusieurs minibus la direction, quand, après un certain temps, l'un deux finit par nous indiquer l'endroit des départs. Complètement à l'opposé de la ville, nous prenons un minibus pour nous y rendre.
Renseignements pris, nous redescendons à pied la longue Avenida Bush, passons près du stade, achetons empanadas et mini bananes, puis entrons dans le parc Simon Bolivar (entrée gratuite). Il s'agit d'une butte étroite surplombant la ville, de deux cent mètres de long environ. Coca cola a, apparemment, subventionné le tout. Petits manèges, toboggans, spectacle de clowns, stands de sandwichs et coca bien sûr. Plein de cerf-volants dans le ciel ; toutes les classes sociales se mélangent. Nous qui nous attendions à un grand parc paysager, on a de quoi être surpris ! En tous cas superbe vue sur la ville. Un agent nous indique même (sans que nous lui demandions quoi que ce soit) la tour où réside l'ambassade de France, que nous voyons au loin.
De retour nous longeons une arène où, déjà (il doit être 15h), patientent des fans d'un groupe de hard rock, semble-t-il.
Puis, toujours à la recherche de quelque chose, nous nous rendons dans une rue, indiquée plus tôt, où il y aurait un photographe ouvert, faisant des photos d'identité (nécessaires pour le nouveau passeport de Stéph).
Nous finissons par le trouver près d'une superbe place où se mêlent cathédrale, bâtiments officiels avec colonnes, et l'hôtel Paris, le tout constamment survolé par une nuée de pigeons qui tournoient dans le ciel.
Nous repassons à l'hôtel, puis ressortons pour aller manger chez Mac Do pour quarante bolivianos, royal ! (très cher pour la Bolivie )
Lundi 30 juillet : American Express, ambassade et direction Coroico
Nous descendons l'avenue principale pour nous rendre à l'ambassade indiquée par le flic, hier. Arrivés sur place et renseignements pris, l'ambassade n'est pas du tout là, mais à l'autre bout de la ville.
Nous marchons donc cinq cent mètres et nous arrêtons chez American Express. Des français attendent devant nous ; ils se sont fait piquer 120$ en travellers et 400$ en liquide. Une sombre histoire, qu'ils nous narrent, et dont la mise en scène du voleur a duré toute une journée, contrairement à nous. Ils se font rembourser en une demi-heure alors que nous, nous avons fourni déjà moult éléments à l'enquête, il y a plusieurs jours. D'après American Express, qu'on a eu auparavant par téléphone, il nous suffisait d'aller à l'adresse où nous sommes, et d'envoyer au siège un fax de la déclaration de vol. La guichetière veut faire autrement, passe des coups de téléphone, nous fait remplir 15000 formulaires, faxe et re-faxe, on attend, Stéph s'énerve et gueule ; deux heures après on se tire avec le pognon !
Prochaine mission : l'ambassade. On négocie un taxi à 10, au lieu de 12, bolivianos (encore négocier, toujours négocier), et entrons dans le bureau de Carmina, à l'ambassade, qui nous tutoie tout de suite. Elle parle bien français et nous explique qu'elle n'a pas pu faire le passeport (il aurait du être prêt aujourd'hui, suite à nos coups de fil et fax précédents de Potosi), car elle n'a pas pu lire le nom de la préfecture sur ce fax, envoyé précédemment. Je laisse Stéphanie régler les formalités et part chercher de l'argent au distributeur pour les frais de renouvellement du passeport.
A mon retour, Carmina nous propose d'appeler la police de Potosi pour avoir des nouvelles, et aussi de leur proposer une récompense s'ils arrivent à récupérer les billets d'avion. Cent dollars est pour elle une somme convenable pour les faire bouger. On reprend un peu espoir (ça a l'air d'être une pratique courante en Bolivie).
Nous retournons à l'hôtel, faisons les sacs, et prenons un minibus pour nous rendre aux départs pour Coroico. Nous venons juste de louper un bus, alors nous achetons un billet pour le prochain, à 14h30. On a le temps d'aller prendre un almuerzo près du marché.
Nous partons à l'heure, pour la route indiquée dans le guide comme la plus dangereuse du monde. Nous remontons les hauteurs de la Paz , puis après quelques kilomètres, la route commence à redescendre. Nous repassons donc sous les 4000m, et franchissons des passages aux montagnes noires comme du charbon, aiguisées comme des couteaux. Leurs sommets sont enneigés, la vallée est maculée d'herbes brunes et jaunes. Les couleurs sont saisissantes... puis les premiers buissons, les premiers arbres, on ne voit plus le précipice… nous sommes dans les nuages, dans un début de végétation amazonienne…
Un panneau indique au chauffeur qu'il doit maintenant tenir sa gauche. Le précipice et le volant du même côté assurent une meilleure vision au chauffeur. La route n'est, finalement, pas si terrible, et nous arrivons à Coroico à 17h. Enfin chaleur et végétation !
Nous prenons une chambre à dix minutes du centre et, après une douche, mangeons une truite et commandons un Chablis. Tout ça sur la terrasse, et face à la montagne.
Mardi 31 juillet (pas de journal pour ce jour) : Coroico
Mercredi 1er août (Stéph qui écrit) : Balade “des Trois Cascades”
Quel plaisir de se réveiller le matin en entendant le chant d'oiseaux exotiques avec, de son lit, une superbe vue sur de hautes montagnes, recouvertes de végétation tropicale (et en prime, en arrière plan, quelques sommets enneigés) !
Bref, nous nous levons vers 8h30, passons prendre un petit déjeuner au “mercado popular” (c'est presque la soupe populaire, en mieux et payant, mais pas cher), chez une bolivienne dont nous sommes presque devenus des habitués.
Départ ensuite pour une grande balade de deux ou trois heures aller, vers “les trois cascades”. Les cascades ne sont apparemment pas terribles, mais la balade sympa. Nous commençons par grimper, à gauche de l'église de la plaza principale, un chemin pavé (avec de gros cailloux irréguliers). Très vite nous surplombons le village et la vallée. Nous passons devant des plantations de coca (trop loin, néanmoins, pour pouvoir y toucher !). Il fait très chaud (il n'y a pas de forêt tropicale, fraîche et nous abritant du soleil, comme nous nous y attendions, sauf lorsqu'une petite source descend de la montagne, permettant aux plantes de prendre leurs aises et de s'épanouir). Le chemin est parfois abrupte. Nous arrivons à la première cascade au bout de deux heures, très décevante : “On a les mêmes dans les Pyrénées”, comme dit un français que nous croisons. Nous décidons de rentrer car nous ne savons pas où sont les autres cascades, et combien de temps il faut encore pour s'y rendre. Arrivés à l'hôtel, une bonne douche et une sieste (crapuleuse) avant de lézarder au soleil.
A ce moment arrive un couple de français (Chantal et Sébastien), qui ont huit mois de voyage derrière eux et rentrent en France dans un mois. Super sympas. On convient de manger ensemble le soir, au resto de l'hôtel, très réputé (un peu cher pour nous mais il faut savoir se faire plaisir de temps en temps).
Avant le dîner, on file en ville chercher des peloches. Grosse déception : le seul commerçant qui en ait n'en a qu'une (il s'agit de diapos) et elle est périmée depuis six mois. Heureusement qu'on contrôle avant de payer !
Le dîner n'est pas aussi bien qu'il y a deux jours (on avait mangé une truite) : plus d'une heure d'attente et qualité moyenne (soufflé aux choux fleurs et spaghettis carbonara). Néanmoins on passe une soirée très sympa, accompagnés d'un autre couple de français croisé plus tôt (un peu lourd quand même et pas diplomate pour un sou !). On parle beaucoup voyages et on échange nos impressions.
Jeudi 2 août : Retour à la Paz , l'ambassade et autres démarches…
Le réveil a été mis ce matin, car nous repartons à la Paz.
Un premier problème se présente à notre arrivée, à la compagnie de bus qui doit nous y conduire : le type a annulé notre réservation car nous n'avions pas payé d'avance. Ce n'est pas la première fois que ça arrive, mais heureusement qu'on n'avait pas payé, car c'est un bus, et pas un minibus, qui arrive, comme promis deux jours avant (les minibus ont moins de “chance” de se scratcher sur la route la plus dangereuse du monde, comme le précisent les guides). Les deux français d'hier sont d'ailleurs en train de s'engueuler avec le gars de l'agence à ce sujet. Bref, on part une heure plus tard, avec une autre compagnie.
Arrivés à la Paz quelques trois heures plus tard, on négocie un taxi pour aller à l'ambassade, chercher mon passeport (le taxi me fait d'ailleurs une super embrouille, sur le rendu de monnaie, et m'arnaque de deux bolivianos – dur dur de s'être encore fait avoir, quand on a négocié dur huit bolivianos la course !).
Le passeport récupéré (un vieux modèle malheureusement), et un coup de fil passé à la police de Potosi pour être sûr qu'ils n'ont rien retrouvé, malgré cent dollars de récompense, nous enchaînons en minibus vers le service “migracion”, pour se faire apposer un tampon d'entrée en Bolivie (pour ne pas avoir de problème à la sortie).
Direction, ensuite, l'hôtel Linares, où nous avions déjà dormi avant Coroico, pour se prendre une bonne douche, se reposer un peu, et faire une petite lessive avant de repartir. Eh oui, c'est une journée que de démarches.
Nous partons en direction du cimetière pour réserver un bus pour demain : direction Copacabana, au bord du lac Titicaca (à ne pas confondre avec la célèbre plage de Rio de Janeiro !). Nous traversons un très grand marché, que nous ne connaissions pas encore (nous sommes presque des habitués à la Paz ).
Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons dans un boui-boui, dîner d'une Chulieta, accompagnée de bananes plantin.
Vendredi 3 août (Stéph et Norb) : Copacabana et l'Isla del Sol
Nous nous levons de bonne heure pour rejoindre la gare routière (direction Copacabana). On a quand même le temps de prendre un petit déjeuner chez un petit commerçant. La gare est dégueulasse ; on voit une peau de chien, toute dure, qui traîne dans le caniveau (sont-ce les chiens ou un humain qui a bouffé le chien ?).
Le bus part à l'heure ; nous gravissons la pente raide qui mène au plateau surplombant la Paz. Stéph et moi pensions que la ville s'arrêtait sur la crête. En fait, elle continue, aussi dense, sur plusieurs kilomètres. Toujours cette platitude ; nous devons être à plus de 4000m, mais des sommets enneigés, au loin, nous rappellent qu'en Bolivie, il y a toujours plus haut !
Après presque quatre heures de route, nous arrivons à Copacabana : petite ville pleine de touristes et d'agitation, car la fête nationale se prépare. C'est aussi le point de départ des excursions, pour les îles du lac Titicaca (côté bolivien).
Nous nous renseignons auprès des agences, d'un embarcadère sur le port, et des pêcheurs, pour connaître le meilleur tarif, pour se rendre sur l'Isla del Sol. Nous dénichons le bateau Titicaca pour dix bolivianos par personne (environ 12frs). La traversée est plus longue que nous pensions (une heure et demie), mais le bateau, assez grand et chargé, rame pas mal.
A notre arrivée sur l'île, des gamins nous attendent, essayant de nous emmener vers leur hôtel. Nous suivons l'un d'entre eux, qui nous annonce 15Bs par personne. En haut d'une longue série de marches rectilignes, des femmes en tenue traditionnelle, accompagnées de lamas, essayent de se faire prendre en photo contre un boliviano.
Nous continuons de grimper en haut de l'île, où se trouvent apparemment les hôtels, exténués, avec nos gros sacs, et en manque d'oxygène (altitude 4000m). Nous décidons de nous arrêter à un hôtel, superbe d'extérieur, et de ne pas suivre le gamin (apparemment son hôtel est le plus haut de l'île !). La chambre et les sanitaires sont tout neufs. Dommage qu'il n'y ait pas d'eau (du tout, ils doivent descendre en bas de l'île la chercher, et la remonter à dos de mule ou de lama). L'eau des chiottes est donc innommable.
Nous profitons du coucher de soleil, avec le lac devant nous et les montagnes enneigées.
Samedi 4 août (Stéph) : Tour de l'île
Nous avons décidé de faire le tour de l'île, aujourd'hui. Aucune route, que des chemins de terre !
Elle fait apparemment dix kilomètres de long, sur quelques kilomètres de large. Nous partons après avoir pris un petit déjeuner à l'hôtel, très chiche (ils ne nous ont servi que deux petits pains, on leur en demande d'autres, mais ils n'en ont pas d'autres ! L'approvisionnement de l'île a vraiment l'air problématique – ils fonctionnent avec zéro stock !).
Bref, c'est parti, pour toute une journée de marche. A l'aller nous gravissons presque tous les sommets (4100m environ). C'est exténuant, à cause de l'altitude, mais ça nous permet de voir tous les contours de l'île : Nous voyons, sur notre gauche, une presqu'île en forme d'enclume ; nous n'irons pas, cela fait beaucoup trop loin. Le long du chemin, nous apercevons de nombreux bergers et bergères, accompagnant leurs moutons. Un gamin accoure vers nous pour se proposer comme guide, nous refusons gentiment. Nous traversons ensuite une petite forêt d'eucalyptus, qui semble avoir été plantée par l'homme. Derrière chaque sommet, un nouveau sommet. Nous ne pensions pas que ce serait si long.
Vers midi, on passe pas très loin de ruines Inca, mais on ne s'arrête pas (à ce qu'on nous a dit, le détour n'en vaut pas la peine). A 12h30 (on meurt de faim), on s'arrête à Norte, le deuxième “grand village” de l'île, qui se trouve à l'opposé de Sur, le village situé au sud. On déjeune d'un bon poisson, en compagnie de deux suissesses, qui nous donnent quelques tuyaux sur le Pérou.
C'est ensuite reparti, mais cette fois par l'autre versant de l'île. Le paysage est très différent ; il y a des habitations (des fermes) tout le long. Se succèdent montagnes rocheuses, à pic (le chemin est tracé dans la roche) et plages, où de nombreux porcs sont attachés.
On arrive à Sur vers 17h, exténués. Une bonne douche (hyper chaude) : super, ils ont apporté de l'eau ! Le soir, on dîne avec les deux français rencontrés à Coroico. Pas le choix : ils ont deux places libres à leur table, et tous les autres restos visités sont complets !
Dimanche 5 août (Stéph et Norb) : Direction Puno, au Pérou
Le bateau pour Copacabana est prévu à 8h30. La femme qui nous avait dit ouvrir à 7h, pour le ti-déj, est apparemment encore dans son lit. Il est 7h30, nous nous rabattons vers une autre baraque, et déjeunons, dehors, sur la seule table existante, face au lac et aux cimes enneigées.
Une fois descendues les deux cent marches, nous optons pour le seul bateau avec toit accessible. Un seul des deux moteurs fonctionne, les gens râlent mais rien à faire, la traversée s'annonce très longue. Vers la fin du trajet, un homme passe encaisser : grosse engueulade à bord car nous prétextons vitesse divisée par deux = prix divisé par deux. Nous finissons par payer le prix et débarquons à 10h30.
De là, on se renseigne sur le prix des bus pour le Pérou, on démarre à 40B pour deux, puis 30, et enfin 25 bolivianos. C'est une sorte d'inflation inversée. Nous traînons ensuite sur le marché, acheter des pellicules, un peu de bouffe, et partons renégocier un bus : il ne nous reste que 20B, ça va être dur ! Nous finissons dans un super bus, pour 20B + 1 dollar, mais sans ticket (un peu louche, va-t-on arriver à destination ?).
Passage rapide à la frontière de la Bolivie, puis du Pérou, mais ambiance pas tranquille, on a les deux mains sur les sacs.
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