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Etats-Unis
Lundi 1er octobre 2001 (Norbert qui écrit) : Vol Caracas - Miami
Chargés de nos sacs à dos, nous prenons un taxi pour l'aéroport, négocié à 120f au lieu de 150f ; on se dit que le gars a accepté un peu trop facilement… on aurait pu l'avoir à 100 ! Il n'est pas encore 5h du matin et à cette heure là le taxi fonce. 120, 130 km/h , ça fait longtemps qu'on n'a pas roulé aussi vite et je ne suis pas rassuré.
Nous ne sommes pas les premiers à l'aéroport, et lorsque, dans la queue, notre tour arrive, Stéph explique son problème de billet d'avion volé. Le gars va voir son chef, et revient avec une mauvaise nouvelle. Du coup, on file dans le bureau du chef, qui ne veut rien savoir, et nous propose d'attendre l'ouverture de l'agence de la compagnie aérienne à Caracas à 9h pour que eux, prennent une décision.
Version de Norb :
C'est donc seul que j'enregistre mon vol, seul que je décolle en regardant à travers le hublot l'aéroport, où quelque part, Stéph attend son tour.
Après avoir survolé La Havane , vers 10h l'avion atterrit à Miami. Stéph ayant un vol vers 11h, je parcours l'aéroport de long en large pour comprendre son fonctionnement, et trouver où attendre ma chérie. Je trimballe partout mon gros sac, que je ne peux laisser nulle part, et je me rends aux portes où les avions en provenance de Caracas atterrissent, des fois qu'elle aurait pris un vol sur une autre compagnie. Elle apparaît finalement vers 15h, les yeux fatigués des larmes versées.
Version de Stéph :
Après avoir squatté un bout de temps devant le guichet d'Aéropostal, assise par terre, je pars faire un tour dans l'aéroport, en espérant trouver un café ouvert (il est 7h, je dois encore attendre deux heures pour l'ouverture de l'agence à 9h, et prendre un vol vers 11h, quelle que soit la réponse de l'agence). Je trouve un grand café et m'installe dans un coin. J'essaie de penser à quelque chose de gai, mais malgré tout je n'arrive pas à refouler mes larmes. Tous les mois, le même problème avec des surprises en plus, sinon ce serait trop facile ! J'en ai ras le bol !
Un des employés d'Aéropostal, qui m'avait parlé précédemment, arrive avec son petit déjeuner. Voyant ma mine décomposée, il me demande de s'asseoir à ma table. Nous entamons la discussion ; un peu plus tard son collègue arrive ; ils racontent des blagues et me font rire. Ca va beaucoup mieux.
A 9h, alors que le grand chef m'avait oubliée, il téléphone à l'agence, et le couperet tombe : je dois racheter un billet (environ 3.000 f ), ce que je fais (heureusement que l'employée accepte que je paye avec la carte de crédit de Norb, car moi, je n'ai plus la mienne, et Norb n'est pas là !). Petits problèmes pour passer l'enregistrement, car je n'ai plus mon billet pour quitter les Etats Unis et, enfin, je décolle pour Miami à 11h, où Norb m'attend.
Nous nous installons à l'auberge de jeunesse de Miami Beach, dans des dortoirs séparés (non mixtes) et néanmoins très chers !
Mardi 2 octobre (Norb) : Visite de la ville de Miami Beach
Nous commençons la visite de Miami Beach par la plage où, tous les 300m, une baraque de surveillance est installée. Est-ce le fait de la saison, en tous cas les sauveteurs n'ont pas grand chose à surveiller, vu le nombre de baigneurs.
Un photographe, torse nu et short où est fixé son walkman, gros casque sur les oreilles, photographie un papi assis au bord de l'eau, sur une chaise, qui nourrit les oiseaux, en regardant au loin de gros bateaux de croisière qui s'éloignent. Le photographe cherche le bon angle, s'avance, recule, se décale à gauche, puis finit par s'allonger sur le sable pour prendre sa photo. Papi ne semble rien remarquer.
Après la baignade nous longeons la plage, puis arpentons les rues de Miami Beach (à ne pas confondre avec la ville de Miami !). Arrêt au bord de la marina, où des yachts attendent de prendre la mer, puis pose chez Burger King. Ballade le soir, sur Lincoln Road Mail, plein de boutiques très chic, galeries de peinture et restos.
Puis bouffe à l'hôtel (une cuisine est à notre disposition), où nous dormons séparément. Chambres de garçons et chambres de filles, où le respect d'autrui ne semble pas être de rigueur. On se donne rendez-vous aux cuisines pour avaler une boîte de raviolis.
Mercredi 3 octobre : Naples
Plage en trente minutes chrono, puis nous arpentons une dernière fois les rues art déco.
Notre bus pour Naples est à 12h30, mais nous apprenons qu'un chauffeur de bus s'est fait poignarder sur cette compagnie dans la matinée. Le bus a fini dans le décor ; résultat plusieurs morts, et la compagnie retarde tous les voyages.
On arrive à la bourre à la station de bus ; la télévision est là, et par chance notre bus pas encore parti. Nous sommes environ six passagers lorsque celui-ci démarre, et lorsque nous atteignons la station de la ville suivante, un flic monte dans le bus, nous fait un long discours, et nous invite à descendre pour une petite fouille. Tour à tour, le flic nous demande si nous n'avons pas de drogue ou de pistolet sur nous, me demande de démonter mon objectif d'appareil photo, et démonte la lampe de poche de Stéphanie. Dans le bus voisin, un gamin s'est fait prendre avec un couteau sur lui. Le flic prend son identité et lui confisque l'ustensile de cuisine. Nous remontons dans le bus et le flic, s'adressant à tous les passagers, nous demande de dénoncer nos voisins si on suspecte des trucs louches. Lorsque nous repartons, le chauffeur fait une annonce au micro, nous demandant (fermement) de ne pas fumer, et de ne pas consommer de drogue. Il nous souhaite ensuite bon voyage.
Arrivés à Naples, un mexicain nous propose de nous déposer en ville avec son pick up, car cela fait un moment qu'il nous voit sur le bord de la route (le seul moyen de se rendre de la station de bus au centre ville est le taxi - trop cher pour nous-, sinon le stop ne marche pas très bien, surtout trois semaines après les attentats du World Trade Center !).
Nous prenons une chambre à plus d'un kilomètre du centre, sur le bord d'une grande route ; c'est apparemment l'hôtel le moins cher du coin. L'hôtel faisant partie du groupe Accor, Stéph réussit à obtenir un petit rabais (elle y a travaillé autrefois…).
Nous marchons ensuite jusqu'à la plage, puis, erreur grave, n'ayant pas pris nos maillots de bain, nous laissons le sable blanc et l'eau calme à 28° derrière nous.
La rue, bordée de palmiers et de boutiques chics, semble déserte. Le seul magasin où nous aurions pu faire des courses (une sorte de traiteur type Fauchon) est fermé. On retrouve donc notre chambre spacieuse en bord de nationale et allons manger au resto qui borde celle-ci.
Jeudi 4 octobre : Voyage vers Tampa
Départ pour Tampa à 14h ; nous profitons donc de la piscine en attendant. Une famille, amerloc de base, vient nous rejoindre. La mère est énorme, deux de ses fils (environ quatorze ans) fument leur clope, et un autre du même âge, semblant être drogué, s'affale sur un transat. Le quatrième (environ 6-7 ans) jette un couvercle de poubelle dans la piscine et tente de surfer malgré les protestations d'un responsable de l'hôtel.
Arrivés à Tampa vers 18-19h, Patricia, la soeur de stéph, vient nous chercher à la gare routière. Visite de la maison et dîner.
Vendredi 5 octobre à samedi 13 octobre : séjour dans la famille Marbler (pas de journal)
Entre autres : une journée à la plage à Clearwater Beach, visite du quartier des Cigares (Ibor City), et repos, repos, repos…
Dimanche 14 octobre (Stéph) : Départ pour Manhattan, New York City
Toute la famille nous accompagne à l'aéroport. Après s'être acquittés des 100$ pour refaire le billet volé, nous embarquons. American Airlines nous offre un des pires services que nous n'ayons eu (environ quatre heures de vol) : passe encore le petit pain fourré accompagné du petit paquet de chips (repas national, et encore on a évité le burger !), mais alors ni thé ni café à bord, c'est un comble ! En plus, le service était déplorable…
Enfin, nous voici à New York, ce que nous attendions depuis longtemps. Nous consacrons notre premier après midi à une brève visite de Central Park, et continuons tout droit vers Times Square. Le temps d'y arriver, il fait déjà nuit et les lumières, flashs et autres écrans géants publicitaires scintillent de toutes parts. Au restaurant chinois, nous demandons notre premier doggy bag (les portions sont énormes).
PS : Tous les américains que nous avons eu l'occasion de rencontrer (dans la rue…) sont hyper serviables (que ce soit à New York ou en Floride, d'ailleurs – sauf chez American Airlines !).
Lundi 15 octobre : Compagnies aériennes, Empire State Building…
Ca y est, le tour des compagnies aériennes a commencé, pour essayer de récupérer le maximum de billets d'avion pour la suite. Au total, cinq compagnies visitées, on a fait beaucoup de kilomètres à pied ! Enfin un peu de chance en ce qui concerne les billets : toutes les compagnies vont nous les refaire, avec une petite participation financière pour certains (25$), sauf autorisation donnée par notre agent de voyages à Paris. Télex envoyés, deux jours à patienter, et normalement le tour est joué !
L'après midi bien entamé, on a juste le temps de se balader un peu, de passer prendre quelques infos au Tourist Information Center, d'aller au Madison Square Garden pour se renseigner sur un match de hockey sur glace (malheureusement il n'y en n'a pas pendant les trois jours où on est sur NY, mais juste avant et juste après !), et de se rendre à l'Empire State Building pour l'ouverture, à 18h. Heureusement qu'on y va très en avance : la file d'attente s'étend dans la rue sur environ trois cent mètres ! Il faut savoir qu'avant le 11 septembre, il était ouvert toute la journée, et qu'en plus, il n'y a plus ni tours jumelles, ni Statue de la Liberté à visiter (celle-ci est fermée jusqu'à nouvel ordre ; on est dégoûtés ; en plus il y a dix ans, je n'avais pas pu y aller non plus). On arrive en haut du building juste avant qu'il ne fasse nuit. La vue est splendide, Norbert est aux anges et mitraille avec son appareil photo, et lorsque le soleil se couche c'est féerique.
Quelques courses pour le petit déj du lendemain (on dort à l'auberge de jeunesse, on a donc une cuisine à notre disposition) et on rentre, éreintés, vers 9h du soir, sans avoir encore mangé.
Mardi 16 octobre : Chinatown, Times Square…
Un coup de fil passé à 10h aux compagnies aériennes, pour savoir s'ils ont reçu une réponse (finalement non) de Paris, et nous partons pour Downtown Manhattan, pour une journée toute à nous.
On commence par Wall Street, puis on continue sur ce qui reste des tours jumelles. Suivant les flics en faction devant le périmètre de sécurité, on peut (ou pas), prendre des photos des décombres. C'est impressionnant et, plus d'un mois après la tragédie, tout le quartier sent encore le cramé.
Après un petit détour par les Brooklyn et Manhattan Bridges, on se dirige vers Chinatown. C'est un quartier très sympa, très vivant et dépaysant, mais ça a bien changé : plus de cabine téléphonique en forme de temple chinois, beaucoup moins de stands devant les magasins vendant tout et n'importe quoi… ça s'est pas mal modernisé.
Little Italy, face à Chinatown, a quasiment disparu : les peintures vert-rouge-blanc, si caractéristiques, sont à refaire, et on trouve aussi bien des restos français, grecs ou indiens, que des pizzérias.
Vers 15h, on reprend le métro vers la 42è rue, pour faire une balade en bateau autour de Manhattan (prévue à 16h, on arrive juste pour l'embarquement). La balade est super, c'est vraiment différent de voir tous les buildings de la mer, et en plus, on approche la Statue de la Liberté d'assez près.
Sortis du bateau à 18h, on repart vers Times Square, et on se fait un Mac Do (on voulait se faire un resto indien, mais les prix nous en ont dissuadé).
Dans la nuit on se rend compte que, dans la piaule, il y a beaucoup d'allées et venues bizarres : des mecs qui disparaissent et réapparaissent le surlendemain (nous sommes dans un dortoir mixte)…
Mercredi 17 octobre : Greenwich Village, Central Park, décollage pour Bali
Après un bon petit déj pris à la cuisine de l'auberge de jeunesse, on téléphone aux compagnies aériennes pour savoir s'ils ont eu une réponse de Paris, et c'est oui ! Direction leurs bureaux, près de la 5è Avenue. Du coup, avec le trajet, on arrive à 11h30.
A Malaysia Airlines, on nous demande d'aller faire certifier de mon identité le papier de déclaration de perte des billets dans une banque, super ! A priori on va pas voir beaucoup de choses de NY aujourd'hui (c'est notre dernier jour, on part ce soir). On arrive à la banque qu'elle nous a indiquée : c'est pas possible, le gars est parti déjeuner. On arrive dans une deuxième banque : c'est possible, mais il faut patienter un peu. Finalement l'employée, qui fait office de notaire, ne comprend pas le document et doit téléphoner à Malaysia Airlines. A Malaysia, la fille qui s'occupe de nous est partie déjeuner. Après plusieurs coups de fil, la notaire obtient les explications, nous signe la feuille et empoche 4$ (environ 30f ).
On file à Kuwait Airways en attendant que la fille de Malaysia ait fini de déjeuner. Là, ils nous annoncent qu'ils n'ont reçu une réponse de Paris que pour un billet (on en a deux de réservés chez eux). En fait ils ont oublié de faire la demande pour le deuxième billet ! Pas de veine, il faudra donc aller à leurs bureaux à Delhi lorsqu'on sera en Inde pour récupérer ce billet !
Retour à Malaysia où on obtient les billets (open) contre 25$. Le système informatique n'étant pas le même que celui des réservations, elle ne peut pas me donner un billet daté ! Hallucinant ! On fera donc une résa plus tard.
Tout ça terminé, on peut enfin faire un tour à Greenwich Village et Soho, où je ne reconnais rien. Déjeuner au Mac Do, plus une délicieuse barquette de framboises. On finit la journée par Central Park, avant de regagner l'hôtel, dîner et partir pour l'aéroport, et s'envoler vers l'Indonésie.
Alors que nous sommes dans le métro (il est à peu près 20h, notre avion décolle à 23h50 et il faut y être trois heures à l'avance), le train s'arrête et quelqu'un nous annonce que le service est suspendu suite à un incident. On se retrouve plusieurs centaines de personnes dehors, à Brooklyn, de nuit, à attendre sur le trottoir des soi-disant navettes de remplacement (un mec me dit qu'il attend depuis une heure). Avec un autre touriste on essaye de trouver un taxi à partager, malheureusement ils sont tous pleins ! Finalement, après une heure d'attente, le service de métro reprend ; on arrive à l'aéroport sains et saufs !
A l'entrée, passage obligé au scanner, très strict : ils demandent à tout le monde d'enlever veste, pull (on se retrouve tous en tee shirt et il fait froid), et même les ceintures ! Moi, bien sûr, je bipe (ils ont mis leurs détecteurs à une sensibilité extrême), et après m'avoir tripoté partout, devant tout le monde, il s'avère que ce sont les agrafes de mon sous-tif qui sonnent ! L'employée vérifie néanmoins celles-ci, des fois que j'y aurais mis un couteau ! On se fait confisquer couteau et fourchette, malgré qu'ils soient dans le bagage de soute !
On décolle avec China Airlines à minuit, et, oh surprise, pour le premier repas, on nous donne couteau et fourchette ! Je suis furax ! Le vol est pas mal, on a une escale de deux heures à Anchorage, en Alaska (où on doit descendre de l'avion, ce n'était pas prévu, normalement c'était une heure d'escale seulement). Au duty free on profite de la dégustation gratuite de saumon fumé du coin.
On repart pour Taiwan, puis Bali, où on arrivera le 19 octobre, puisqu'on a passé la ligne de changement de date (snif snif, on n'aura jamais vécu le jeudi 18 octobre !).
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