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Indonésie

Journal de bord

 

Vendredi 19 octobre 2001 (Norbert qui écrit) : Arrivée laborieuse à Ubud

L’avion atterrit à Taiwan vers 11h30. Nos bagages à main sont une fois de plus passés au scanner, et la fourchette que nous avons prise dans l’avion (suite à la confiscation de la nôtre à New York, malgré qu'on l'ai mise dans le bagage de soute) n’échappe pas au contrôle. Il y est gravé dessus “China Airlines” et, après nous avoir fait patienter, une responsable, appelée en renfort, nous explique que l’objet du délit est la propriété de la compagnie. On a donc échappé, je pense, à la prison ; et Stéph et moi, on se dit qu’il va falloir faire gaffe à ce que l’on fait sur ce continent.
Le vol suivant est à 12h40. Nous sommes une quinzaine dans l’avion et donc les hôtesses, aux petits soins. L’une d’entre elles nous demande si l’on a faim, ou si l’on préfère attendre pour déjeuner (horaire du repas à la carte !). Arrivés à Denpasar (capitale de Bali), nous filons à Singapour Airlines pour faire reculer de quelques jours nos billets d’avion, car l’obtention du visa pour le Vietnam, à Jakarta, va demander une semaine.
Ceci fait, on prend un minibus pour le centre ville, puis un autre pour la gare de bus. A la descente du deuxième trajet, le chauffeur n’est plus d’accord sur le prix fixé. Il se met tout de suite à gueuler, et plusieurs locaux se regroupent autour de nous, avec, sans aucun doute, un parti pris. Le gars rend l’argent à Stéph, va dans le bus, et en revient avec une grosse barre d’acier qu’il agite furieusement. Stéph se dépêche de payer les 2f supplémentaires, et on se casse vite fait. Nous reprenons un bus pour Batubulan, puis encore un changement pour Ubud. Ce dernier trajet nous coûtera le double du prix normal, car nous sommes les seuls passagers, et nous ne voulons pas rester en rade dans ce patelin.
Lorsque nous arrivons enfin à Ubud (situé à environ 20km, seulement, de l’aéroport où nous sommes arrivés !) il fait nuit, et les prix des chambres ont plus que doublé par rapport à ce qu’indique notre guide. Nous prenons enfin une chambre, après avoir déambulé dans la ville, avec nos gros sacs, comme des fantômes. Les transports, plus les douze heures de décalage horaire nous ont assommé. Nous mangeons une salade à l’hôtel et nous écrasons sur nos matelas.

Samedi 20 octobre : Monkey Forest et spectacle de danses balinaises

Malgré son tourisme, Ubud est restée authentique. Temples de pierre oranges, ornés de sculptures grises, femmes costumées portant sur leur tête des paniers d’offrandes garnis de fruits, allant de temple en temple. Tous les matins, des petites coupelles, en feuilles tressées, garnies de riz et autres mets, sont déposées sur les trottoirs, devant les entrées des maisons et magasins. Un bâton d’encens, sur chacune de ces offrandes, fume ; il faut faire attention où l’on met les pieds.
Nous descendons la rue, en direction de Monkey Forest. Il s’agit d’une forêt de singes, comme son nom l’indique. Ils sont au moins une centaine, éparpillés dans cette forêt, où chemins et escaliers mènent à des temples, dont la plupart sont recouverts d’une mousse invisible leur donnant une couleur verte. L’endroit est mystique, et les singes moustachus s’en donnent à cœur joie avec les touristes.
L’après midi, nous pénétrons dans la cour d’un temple, pas plus loin car son entrée est fermée. C’est néanmoins superbe ; le chemin qui mène à l’entrée est bordé, de chaque côté, de bassins où flottent nénuphars (ou lotus ?) longs sur tige, avec superbes fleurs roses et larges feuilles vertes. Sous un abri, au plancher surélevé, des femmes travaillent leurs instruments, sortes de xylophones et autres instruments à percussion.
Le soir, nous allons voir un spectacle de Kecak, qui raconte l’histoire d’un roi et d’une reine (histoire du Ramayana). Une centaine d’hommes forme un cercle de trois rangées. Ils chantent ensemble le tchakatchakatchak chou ! tchakatchakatchak cha !, Les mains tremblantes dressées vers le ciel tandis que la scène se déroule au milieu (du cercle).

Dimanche 21 octobre : La campagne en vélo, le Legong

Nous avons loué des vélos afin d’explorer les environs. Rizières et cocotiers se côtoient ; la campagne est superbe. Nous nous arrêtons manger dans une gargote et regardons passer ce qu’on appellerait, en France, un rassemblement de motards. Il s’agit, en fait, d’une centaine de scooters ; les hommes sont tous en sarong blanc avec bandeau sur le front, tenue de soirée, donc. Où vont-ils, que font-ils ?
Enchantés par le premier spectacle de danses, nous prenons des places pour un autre, de Legong cette fois-ci. De part et d’autre de la scène, une cinquantaine d’hommes sont assis devant leurs instruments, dotés de lamelles de laiton de longueur croissante, qu’ils frappent avec un petit marteau de bois. Ce qui paraît être une cacophonie, au premier abord, prend vite la tournure d’une musique rythmée et envoûtante.
Les danseuses exécutent, quant à elles, des mouvements de pied, de main, de doigt, bref de toutes les parties du corps susceptibles de se mettre en mouvement, parfaitement calqué au rythme de la musique. Leurs yeux, grand ouverts, regardant d’un côté ou de l’autre sans bouger la tête, impressionnent. Et je ne parle pas des moments où elles vous fixent du regard. Tous ces gestes combinés, et si précis, demandent, je suppose, des années d’apprentissage. C’est donc envoûtés que nous allons nous coucher.

Lundi 22 octobre : L’île de Lombok

Nous prenons un bus jusqu’à l’embarcadère de Padangbai, où un bateau nous déposera à l’île de Lombok. Nous avons pris un billet à Ubud de bus, bateau, bus (par une agence,  mais pas cher du tout), et contrairement à d’habitude, tout est bien organisé ; une personne est là à chaque descente pour nous guider.
Après quatre heures de traversée, nous débarquons, et prenons un bus pour Senggigi, plus au nord. Ici rien à voir avec Bali. La population est à 90% musulmane, donc fini les temples, les costumes traditionnels, et même l’authenticité.
Nous arrivons à la nuit tombée, prenons une piaule pas chère, et allons manger une assiette de nouilles chinoises. C’est trop bon et bien servi ; je ne prends que ça depuis que nous sommes en Indonésie.

Mardi 23 octobre : Gili Meno… le rêve devient réalité

Départ pour Gili Meno, petite île au large de l’île de Lombok, qui elle même est au large de Bali, qui elle même est au large de Java… etc. Bref, nous espérons pouvoir y louer masque et tuba. Nous avons abandonné l’idée, hier, d’aller voir les varans de Komodo, car l’île qui porte ce même nom est au large de l’île de Sumbawa, qui elle même est au large de Lombok, qui elle… Bref, au moins quatre jours de bateau juste pour y aller, et un peu moins pour le retour ; on espère donc se rattraper sur Gili Meno.
Arrivés sur l’île il nous faut marcher un kilomètre dans le sable, avec tout notre barda ; ce n’est donc que vers 16h30 que nous nous installons dans un hôtel que Stéph négocie à 25f la nuit, au bord de la plus belle plage de l’île.
Petite balade pour repérer les restos, puis baignade dans l’eau turquoise. On fait ensuite la moitié du tour de l’île, à chercher le resto indiqué dans notre guide, en vain. Le premier resto dans lequel nous entrons nous dit qu’il n’est pas prêt, que nous devons repasser plus tard. On lui demande vers quelle heure, il nous répond “dans deux semaines environ” !
Après dîner, retour dans notre vaste chambre, et douche dans notre vaste salle de bains à l’eau salée, qui est pompée, je suppose, directement dans la mer. Le savon ne mousse pas, c’est l’enfer.

Mercredi 24 octobre : Snorkeling

Nous avions négocié un prix, hier, pour louer des masques et des tubas, mais nous avons omis de parler des palmes ; clair dans notre esprit que l’équipement formait un tout. Tout est dans la subtilité des mots, et ils en profitent pour monter un peu le prix pour compléter l’équipement.
Bref, après une formation accélérée à Stéphanie (4 minutes), nous découvrons les secrets des fonds marins. Des poissons multicolores, de toutes sortes, s’offrent à nos yeux zébahis ! Nous nageons, à un moment, au milieu d’un banc de petits thons ; ils sont une bonne centaine. En toile de fond, un bleu profond percé par les rayons du soleil vacillant. Impossible de se lasser ; nous découvrons dans l’eau turquoise, à chaque moment de la journée, de nouvelles espèces. Malgré tous les coraux morts, certains sont encore en bonne santé. Les locaux accusent les ancres des bateaux, mais vue la quantité de coraux échoués sur toute la côte, je pense qu’El Nino y est plus pour quelque chose… ils ne semblent pas en avoir entendu parler.
Stéph et moi avons émis l’hypothèse de rester une nuit de plus. Mais nous avons déjà un billet retour pour Bali, demain, et il nous faudrait donc téléphoner pour changer la date, trop compliqué et puis on préfère rester sur une bonne impression.

Jeudi 25 octobre : Retour sur Lombok, puis Bali

Ca faisait longtemps que nous n’avions pas mis le réveil matin, mais le bateau qui nous ramène sur Lombok est à 7h30. Nous rejoignons donc le bord de plage. Je dis bord de plage car il n’y a pas de ponton ; il faut donc mettre les pieds dans l’eau et sauter dans le bateau. Au départ attendent déjà les petites charrettes qui déposeront des voyageurs ou du matériel à la demande, sur l’île ; c’est ici le seul moyen de transport, et qui suffit largement à la taille de l’île (1,5 km x 600 m).
Après trente minutes de traversée, la coque du bateau creuse un sillon sur une plage de Lombok. Nous débarquons, de nouveau les pieds dans l’eau, et attendons le bus une heure. Nous patientons avec des indonésiens qui nous montrent leur criquet, enfermé dans un paquet de cigarette vide. Lorsqu’ils le caressent avec une herbe, le criquet se met à chanter.
Sur la route qui nous mène à Lembar, là où nous prendrons le ferry pour Bali, les paysages du bord de côte sont magnifiques. Plages de sable blanc bordées de cocotiers, eau turquoise et corail apparent, et une multitude de bateaux de pêche, typiques avec leurs voiles triangulaires retournées. Après que les vendeurs ambulants aient dégagé, le ferry largue les amarres. Pendant que Stéph dort, j’observe des poissons volants. Je ne pensais pas qu’ils pouvaient voler aussi longtemps et d’une façon aussi rectiligne.
Arrivés à Padangbai, un bus nous attend pour Candidasa. Nous sommes obligés de passer la nuit ici car à cette heure (environ 18h), il n’y a plus de bus pour rejoindre Tirta Gangga, notre but, pourtant à moins de vingt kilomètres. C’est donc dans un bungalow, face à la mer, que nous nous installons. Après avoir éclaté une énorme araignée (pour une fois Stéph n’exagère pas), un gros cricket lui tombe dessus. Apparemment les gécos sur le mur sont trop petits pour manger ce genre d’insecte. Après réflexion, vu qu’il est impossible d’installer la moustiquaire dans la chambre et qu’il fait très chaud, nous décidons d’aller dormir dehors, sur la pelouse.

Vendredi 26 octobre : Tirta Gangga

Au réveil, je m’aperçois, en déplaçant une petite commode, que deux gécos, d’au moins vingt centimètres, sont planqués derrière. Les gécos sont comme des petits lézards qui se baladent sur les murs pour chasser les mouches. C’est mignon quand c’est petit, dégueulasse plus gros.
A midi, nous montons dans le bus qui nous amène à Tirta Gangga en trente minutes. Galère pour trouver une piaule pas chère. Finalement, un homme nous emmène, après avoir grimpé un escalier abrupt dans la forêt, dans la piaule la moins chère du patelin, mais la meilleure que l’on ait eue. Salle de bains en plein air avec plantes, et superbe vue sur les cultures en terrasse.
Après une douche, nous partons tout de suite en balade afin d’admirer le panorama. Nous rentrons deux heures après, un peu mouillés par la pluie qui nous a surpris.

Samedi 27 octobre : Découverte des environs en moto

Après avoir négocié trois nuits d’hôtel, et la location d’une petite moto pour la journée, pour moins de cent francs, nous enfourchons la machine et partons pour la journée. Rouler à gauche ne pose pas de problème au début, mais par la suite, Stéph me reprend quelques fois.
Il est agréable de pouvoir s’arrêter quand on veut pour prendre des photos. Nous allons jusqu’à Penelokan, à cinquante kilomètres, voir un énorme volcan, qui en contient deux autres dans son cratère, à demi cernés par un lac.
Au retour nous nous arrêtons plusieurs fois pour négocier de l’essence, mais impossible de payer le prix normal ; nous finissons donc par acheter deux litres au prix touriste, c’est à dire le double.
Nous nous arrêtons aussi plusieurs fois admirer les rizières en terrasse, superbes avec la lumière qui décline. De retour à l’hôtel, mal aux fesses et au dos, Stéph reste sur place ; je repars en balade faire une dernière photo du panorama, sur une colline voisine.

Dimanche 28 octobre : Retour à Ubud

Comme dans la plupart des hôtels de Bali, le petit déj est servi sur la terrasse de la chambre. Il s’agit en général d’un pancake et d’une petite salade de fruits (banane, papaye et ananas), et d’un verre de thé. Je précise que le pancake est cuit avec des rondelles de banane, et que le petit déj est toujours compris dans le prix de la chambre. Au réveil, il suffit de s’asseoir sur les sièges en bambou et l’on vient vous servir.
Donc, après ce petit déj face à un superbe panorama, nous faisons les sacs et prenons le bus de 12h pour un retour à Ubud. L’hôtel dans lequel nous avions dormi la dernière fois refuse de nous faire la réduction promise, dans le cas où nous reviendrons. On suit donc un rabatteur qui nous emmène dans un hôtel équivalent, pour moins cher.
Un petit tour au marché pour revoir le masque que nous avons envie d’acheter, mais tout est déjà remballé. Internet, poste, office de tourisme et retour à la piaule, puis dîner dans le resto d’un hôtel. Poisson, dont nous avions envie depuis longtemps, et cocktails.

Lundi 29 octobre : Lovina

Retour au marché, mais finalement le masque que nous voulions ne nous plaît plus. Nous souhaitions aussi voir un autre spectacle de danse, mais malheureusement il n’est pas programmé ce jour.
Nous prenons donc, comme prévu, un bus pour Lovina, au nord de Bali, que nous atteignons en quatre heures. A l’arrivée, plusieurs rabatteurs nous proposent des hôtels. Celui que nous choisissons nous y dépose en scooter : un par personne, il faut bien ça avec nos gros sacs à dos ! A l’arrivée, le patron nous fait une petite présentation sur les possibilités de plongée dans le coin. C’est pas trop trop cher, mais ça nous donne une base de prix pour aller négocier moins cher ailleurs.
Petite baignade sur la plage de sable noir, l’eau est au moins à trente degrés . Au retour tout le monde propose ses services : “hello mister, je peux faire la lessive”, “hello mister, je fais des massages, may be later ?”, “je peux vous emmener voir les dauphins”, et patati et patata… un peu saoulant.

Mardi 30 octobre : Temple bouddhique, thermes

Un bémo (minibus) nous dépose à un embranchement. Il nous faut ensuite changer pour un scooter sur lequel nous montons à trois avec le chauffeur, pour arriver au seul temple bouddhique de Bali qui, à part quelques bouddhas, ressemble fort aux temples hindouistes de Bali.
Nous reprenons la route à pied, et empruntons un chemin qui, au bout d’une heure, nous emmène à des thermes. Il s’agit de deux bassins : un premier de 10 x 2.5m, d’où coule de la bouche de plusieurs dragons une eau sulfureuse à plus de trente cinq degrés. Puis de nouvelles têtes de dragons déversent cette même eau dans un second bassin carré de 10 x 10m. Très belle végétation autour, et un restaurant où, malgré notre faim, nous n’irons pas manger.
Après s’être baignés, et que Stéph se soit longuement amusée à arroser des gamins, nous prenons le chemin du retour. Mob à trois, puis bémo qui nous dépose à Singaraja, où nous faisons les agences de bus pour le trajet d’après demain. Malheureusement, les gens ici parlent très mal anglais et on fait des efforts pour ne pas s’énerver.
Nous rentrons lessivés de notre journée, et trouvons le courage d’organiser notre matinée de demain, avec un gars qui nous a proposé une balade en mer pour voir des dauphins, et plonger ensuite avec masque et tuba. Moins de quarante francs par personne pour trois heures, le risque de se faire avoir est mesuré.

Mercredi 31 octobre : Dauphins et plongée

A 6h du mat nous rejoignons Léo, sur la plage, qui est en train de préparer le bateau. Ce sont des barques très étroites, munies de deux balanciers faits de bambou de gros diamètre. J’écris barques au pluriel, car une fois au large, nous sommes au moins une trentaine de bateaux similaires à traquer le dauphin. Léo semble avoir une bonne attitude : il arrête le moteur de temps à autre afin de laisser les dauphins s’approcher. Mais malheureusement, beaucoup foncent dessus pour les voir de plus près, et on finit par trouver toutes ces allées et venues ridicules.
Après avoir vu plusieurs ailerons de dauphins, nous demandons donc à Léo de nous emmener sur le site de snorkeling. Après avoir mis masque, tuba, et chaussé nos palmes, nous plongeons pour la deuxième fois  percer les mystères de la mer de Java. Les poissons sont aussi nombreux qu’à Gili Meno ; nous en voyons beaucoup de différents, dont certains sont énormes. Une murène, des étoiles de mer bleues… Les coraux sont par contre, ici, bien vivants et magnifiques.
Nous rentrons à l’hôtel crevés, bien décidés à glander tout l’après midi.
Nous allons en fin de journée acheter des billets pour Jakarta, un peu plus chers, mais au moins, contrairement à mardi, on se comprend !

Jeudi 1er novembre : Changement d’île : Java

Nous attendons au bord de la route notre bus pour quitter Bali ; il arrive à 6h30 et nous dépose dans le bac, direction Java. Il est confortable, climatisé, avec chiottes, et sas pour fumer. La bonne surprise est que le petit déj et deux repas sont compris.
La côte nord, que nous prenons pour rejoindre Jakarta, est très différente de Bali : Sur Java, finis les costumes traditionnels, les petits temples tous les cent mètres ; industrie et modernisme plus présents, et, surprise : les mosquées omniprésentes.
Après 24 heures de route et une nuit dans le bus à peu près confortable, nous arrivons à Jakarta.

Vendredi 2 novembre : La capitale d’Indonésie, Jakarta

Incroyable pour une capitale, nous sommes matés comme si nous étions des martiens, et la descente du bus est quelque peu agressive. Un taxi nous dépose à l’ambassade du Vietnam, mais galère : pour un visa normal il faut compter quatre cent francs et un mois de délai. Deuxième solution pour un délai rapide : avoir une lettre de recommandation d’un bon ami vietnamien. Troisième solution pour obtenir un visa en sept jours : passer par une agence et payer cent dollars par visa.
Un tuk tuk nous dépose donc à cette agence, puis un autre à Air India, où nous devons, après avoir fait le nécessaire à New York, récupérer un billet d’avion. Soit l’agence de New York n’a pas fait le nécessaire, soit l’agence à Paris n’a pas donné de réponse, en tous cas Air India nous demande de repasser la semaine prochaine.
Un taxi nous dépose ensuite dans le centre où nous prenons finalement une piaule. Finalement, car au début l’idée était qu’après nos démarches, nous devions reprendre un bus de nuit pour Jogjakarta, pour quatorze heures de route. Mais on a besoin d’une bonne douche et d’une nuit de sommeil sur un bon matelas.
Enfin, par la suite, les jakartois se révèlent accueillants et même serviables.

Samedi 3 novembre : Emplettes puis direction Jogjakarta

Vers 9h nous descendons dans la salle de restaurant avec hâte de tester le petit-déj buffet. Toasts grillés, beurre, confiture, œufs sur le plat et bananes : un vrai festin que nous dégustons (engloutissons) avec grand plaisir.
Nous partons ensuite vers le centre commercial, et nous séparons. Je laisse Stéph au rayon lingerie d’un magasin genre Galeries Lafayette ; pendant ce temps je vais acheter son cadeau d’anniversaire. J’ai l’idée en tête, mais le choix est très difficile, car tout est vraiment trop kitch, ou vraiment pas beau. La … de … que je finis par trouver sera-t-elle la bonne ?
Supermarché ensuite, car Stéph a besoin de gel douche ; nous en ressortons avec du chocolat, le gel n’était qu’un prétexte, je commence à la connaître !! Je déconne !
Vers 16h, nous prenons un bus, direction une des gares routières de Jakarta.
A l’arrivée, cinq ou six gars, employés de la gare, nous assaillent pour nous diriger vers le bon guichet, et ils restent encore derrière nous lorsque nous achetons les billets. Ils sont censés nous aider ; apparemment ils ne se rendent pas compte qu’ils nous oppressent.
Le chauffeur du bus est apparemment très pressé. Il roule sur la seconde voie pour doubler, et invente une troisième voie, celle des voitures qui viennent en face. Appels de phare, coups de klaxon ne semblent pas le déranger ; les gens dans le bus restent impassibles.

Dimanche 4 novembre : Le Kraton et spectacle de marionnettes

Heureusement que Stéph était réveillée, car le bus est maintenant dans la périphérie de Jogjakarta et il ne s’arrêtera pas à la gare routière. Nous récupérons nos affaires un peu dans la panique, et le chauffeur nous largue au bord de la route. Le taxi qui nous amène dans le centre essaye de nous balader mais pas de chance pour lui, nous suivons la route sur notre plan.
On s’installe dans une petite pension à moins de vingt francs par nuit ; le record est battu pour l’Indonésie.
Après la sieste nous allons visiter le quartier du Kraton. Derrière un mur d’enceinte, dédale de ruelles, et un palais en son centre. 25000 personnes vivent là. Nous nous attardons sur le marché aux oiseaux. Bric à brac de cages en bois par centaines, oiseaux multicolores, et le clou : pour nourrir tout ce petit monde à la maison : criquets, que l’on achète à la pièce, vers, et fourmis évoluant sur du riz afin qu’il n’y ait pas trop de débordement. Nous déjeunons sur place puis retour à la piaule.
Sur le chemin nous ne manquons pas de remarquer les posters et les tee shirts à l’effigie de Ben Laden, que les jeunes n’hésitent pas  à porter. A New York les mêmes tee shirts étaient vendus avec l’annotation “Wanted” en plus. Sans parler de l’accessoire indispensable : le rouleau de PQ avec son portrait sur chaque feuille, afin d’être sûr de ne pas le louper. Un sacré business, en tous cas, dans les deux camps.
A 20h, un pousse pousse vélo nous emmène près du Kraton afin d’assister à un spectacle de marionnettes. Un homme nous emmène voir les étapes de leur fabrication pour nous faire patienter. Elles sont toutes faites en cuir, poncées puis finement ciselées à l’aide de poinçons de différentes formes, et enfin peintes jusqu’au détail le plus infime.
Le spectacle dure normalement toute la nuit, mais une version de deux heures, raccourcie pour les touristes, est heureusement proposée. La scène, carrée, est disposée au centre de la salle. Des sièges, disposés tout autour, permettent soit d’observer les musiciens et le manipulateur de marionnettes articulées, soit de suivre l’histoire derrière le drap blanc, où sont projetées les marionnettes en ombres chinoises. C’est très bien, mais on est gavé au bout d’une heure, car l’histoire du Ramayana en javanais est difficile à suivre. On file donc à l’anglaise.

Lundi 5 novembre : Borobudur

J’oubliais de dire qu’hier soir, nous sommes rentrés en calèche.
Ce matin nous prenons un taxi direction la gare routière, et pestons contre le chauffeur qui se traîne.
Puis 1h30 de bus pour Borobudur, où se situe un temple en pierre, à base carrée de 120m x 120m. Accessible par quatre escaliers, le temple s’élève en forme pyramidale. Les quatre galeries permettent de faire le tour de la section carrée à différents étages, et d’admirer plus de deux mille cinq cent fresques taillées dans la roche. Au sommet, soixante douze stupas, étalées sur encore trois niveaux circulaires abritent des bouddhas. Bref, je m’arrête là ; je vois bien que je ne suis pas très clair (Chazal). Je déconne !
Après la mauvaise surprise de l’entrée, nous sommes quand même impressionnés. En effet, le temple a été découvert enseveli sous des cendres volcaniques, et comme le montrent les photos noir et blanc du musée, il a été complètement démonté pierre par pierre, numéroté, restauré puis remonté par les hollandais de 1973 à 1983, pour la coquette somme de vingt cinq millions de dollars, et encore, il reste du boulot !
La surprise de l’entrée, c’est que les prix ont augmenté de quatre fois et demi par rapport à notre guide, et qu’il y a maintenant deux prix d’entrée : une pour les locaux, à environ quatre francs, et une pour les touristes, à environ cinq dollars !

Mardi 6 novembre (Stéph qui écrit) : Norb malade…

Ce matin Norb est malade : fortes poussées de fièvre (on suppose car on n’a pas de thermomètre) et état de fatigue général. Du coup, chaque nuit, les draps sont trempés grave. Norb ne sort de la piaule que pour manger, et moi, j’essaie de faire passer le temps entre bouquins, centre commerciaux…

Mercredi 7 novembre : Norb encore malade…

Journée similaire à hier. Un coup Norb a chaud, un coup il a froid. Il prend des antibios et de l’aspirine depuis hier mais ça ne fait pas beaucoup d’effet.

Jeudi 8 novembre : Le train indonésien

Départ pour Jakarta en train, à 10h10. Le train part déjà avec trente minutes de retard.
Nous avons pris la classe supérieure, beaucoup plus chère, mais ne le regrettons pas car le voyage est long (on arrive normalement vers 17h30). Les sièges sont confortables, espacés ; il y a la clim ; un lunch est même servi à bord (lunch pour demi portions, on ne risque pas de s’étouffer. D’ailleurs, juste après, le personnel nous présente une carte de plats, payants, au cas où on aurait encore faim !). Pour sûr ! Je commande un énorme brownie et un chocolat chaud (délicieux), à défaut des frites qui sont en rupture de stock. Il faut dire que la carte est en indonésien, sauf ces deux plats : fried patatoes et brownies !
On arrive finalement vers 19h30, après avoir traversé des paysages superbes et une grosse averse.
On se trouve une piaule pas chère et après un dîner rapide, on écrase les matelas (expression à Norb).

Vendredi 9 novembre (Norb qui écrit) : Norb toujours malade…

Dès le matin on remballe les sacs, et on fait dix minutes à pied pour l’hôtel d’à côté, un peu plus agréable et moins cher.
On passe chercher nos passeports et visas vietnamiens, puis coup de téléphone à Air India, qui n’a pas eu de réponse pour le billet d’avion. On verra ça au Népal. Petit tour au supermarché, puis Internet, et embrouille avec le gars qui veut nous faire payer des minutes supplémentaires.
Encore malade, je me couche tôt, prêt à tremper une fois de plus mon matelas.

Samedi 10 novembre : Voyage vers le Vietnam, à Ho Chi Minh Ville (ex Saïgon)

Levés tôt, nous prenons un cyclomoteur qui nous emmène au terminal de bus puis, dans un timing impeccable, nous arrivons à l’aéroport deux heures avant le décollage. Stéph s’occupe des démarches ; je suis trop naze. Un coup je transpire, un coup j’ai froid, et je ne passe pas inaperçu avec ma polaire dans l’avion.
Arrivés dans le superbe aéroport de Singapour, très moderne et surtout immense, nous patientons trois heures. La clim ne m’aide pas à enlever ma polaire.
Re-décollage pour Ho Chi Minh, re-bouffe dans l’avion ; nous arrivons au Vietnam gavés comme des oies. Au moins je n’ai pas trop perdu l’appétit. Ce qui me fait penser que la malaria n’y est pour rien dans tout ça. J’enlève quand même ma polaire pour passer l’immigration et essaye de sourire au douanier qui, lui, ne rigole pas.

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