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Venezuela
Journal de bord
Mercredi 5 septembre 2001 (Norbert qui écrit) : Aéroport de Lima et envol pour Caracas, au Venezuela
Debout à 5h, nous avons décidé, la veille, de tenter le tout pour le tout et de nous rendre à l’aéroport (suite au vol des papiers de Stéph, dont son billet d'avion - cf Bolivie). Nous nous sommes renseignés sur les vols du matin vers Caracas : notre vol est à 11h, il y en a un autre avant, à 7h. Peut être que Stéph pourra embarquer sur celui là, pour pas trop cher.
Nous prenons un taxi, à la sortie de l’hôtel, qui
nous dépose à l’aéroport en vingt minutes. Je tend au chauffeur 20 bolivianos,
pour les 15 convenus ; il nous sert la main avec l’intention de ne pas
rendre la monnaie (le pourboire n’est pas obligatoire dans ce pays, surtout pas
pour les taxis, toujours négociés). Engueulade, puis il me rend la monnaie en
se trompant, alors ré-engueulade.
Dans l’aéroport, on s’aperçoit qu’il y avait un vol
à 6h, mais le guichetier nous dit que l’embarquement est terminé (il est 5h50,
pas de bol). Une longue file d’attente est déjà présente pour le vol de 7h,
mais le comptoir de Taca, pour le vol de 11h, est en train d’ouvrir. On y va
donc, expliquer notre problème, et leur demandons s’ils n’auraient pas un
billet bon marché à nous vendre. La personne nous demande de repasser à 8h30,
et, à ce moment là, ils nous referons un billet sans problème, gratuitement !!
On n’ose pas y croire.
Nous repassons à l’heure dite. Le vol de 7h est
parti, c’est donc la dernière chance. Mais là, le guichetier nous explique que
nos billets, et donc nos places, sont annulés dans l’ordinateur (on avait quand
même téléphoné quelques jours plus tôt pour confirmer nos places).
Consternation. Puis, après consultation de l’imprimé qu’il nous tend, il s’agit
en fait de Mme TESER et non TESSIER ! Le suspense est à son comble…
lorsque, après plusieurs photocopies et formulaires remplis, il édite, devant
nos yeux ébahis, un nouveau billet, pour pas une tune.
Nous embarquons, puis après un vol des plus
agréables, atterrissons à Caracas. Quelques galères pour faire du change plus
tard, nous prenons un bus, puis une chambre d’hôtel. En y entrant, la première chose que nous voyons est
un banc de musculation. Mais non, il s’agit en fait d’un rameur. Non non !
C’est une table de massage. Ah ! non, c’est un banc pour gynéco. Les deux
poignées du rameur sont en fait l’endroit pour poser les pieds, une fois
allongé, et le tabouret devant pour le gynéco. Nous allumons la télé, film de
cul. Le miroir en face du lit est inutilisable, lorsqu’on est en face, debout,
car il est beaucoup trop bas. C’est pas très clair, mais je pense maintenant
que vous avez compris à quoi servait le banc. Tout est porté sur le sexe, en
tous cas dans la capitale, et c’est une chose normale.
Un couple bouquine une revue porno, sur une terrasse
de café ; une gamine de dix ans danse dans la rue, sur fond de musique, en
esquissant des gestes pour son âge un peu… les parents ne réagissent
apparemment pas.
Bref, après avoir mangé dans la rue, et traîné un
peu, nous rentrons à l’hôtel. Je demande la clé de la chambre, le
réceptionniste vérifie que je suis toujours accompagné de la même personne
(sinon le prix de la chambre serait non pas par nuit, mais par passe). Clim à
fond, et dodo.
Jeudi 6 septembre : Choroni et
ses cocotiers
La moustiquaire aidant, nous n’avons pas été embêtés par
les cafards. Par contre, peu rassurés par la réputation et l’ambiance de
Caracas (le gardien de l’hôtel d’à côté a un fusil, type Kalachnikov), nous
avons dormi avec nos papiers et le couteau sur nous. Et, vu le stress de la
veille, on s’est réveillé deux fois, en entendant du bruit dans le couloir.
Vu le prix des petit-déj ici, on préfère faire des
courses.
Quelques stations de métro plus loin, nous prenons un bus
pour Maracay, puis un second pour Puerto Columbia (alias Choroni), où nous
arrivons en début d’après midi. C’est un petit village de bord de mer
tranquille.
Nous nous installons dans un hôtel tenu par un allemand,
près du centre, à dix minutes de la plage. Plus tard, nous sortons dîner, mais
vu les prix, nous faisons comme ce matin, quelques courses, et préparons des
pâtes dans la cuisine ouverte, à notre disposition, près de la chambre.
Nous faisons connaissance avec trois français, qui sont
au chômage, et profitent de l’Amérique latine pour trois mois.
J’oubliais de dire que nous avons eu le temps de nous
baigner, sur une plage de sable fin bordée de cocotiers. Beaucoup de touristes
locaux, malgré tout, ces gens ne travaillent-ils donc pas ?
Vendredi 7 septembre : Hamac, plage
Aujourd’hui nous profitons pleinement du temps que
l’on a. Petit-déj tranquille sur la terrasse de notre chambre, lecture, sieste,
et vers 14h, nous prenons la route de la plage, et mangeons empanadas en
chemin. Baignade, dorés pile et face, re-baignade, nous suivons l’ombre du
cocotier pour nous protéger du soleil, et la douce brise du large est là pour
nous rafraîchir.
Le soir nous finissons les pâtes de la veille avec
une sauce préparée par nos soins.
Samedi 8 septembre : Re-hamac, plage
L’hôtel semble s’être rempli de touristes
locaux ; la plage sera bondée aujourd’hui.
Même technique qu’hier : glandage hamac la
matinée, et plage l’après midi. Comme promis, la première partie de la plage
est bondée : parasols de location sur deux rangées, avec boulevard entre
les deux, glacières d’où bières et autres alcools coulent à flot, surfeurs
parmi les baigneurs, vendeurs de glaces, boissons, bouffe, tee-shirts,
colliers…etc etc.
Nous rentrons vers 17h, passons prendre le lait et
le pain pour demain matin, et confectionnons une délicieuse omelette aux
poireaux. Si, ça se peut !
Dimanche 9 septembre : Voyage vers Coro
Bus pour Maracay ; nous retraversons la forêt où de
grands bambous, par bouquets gigantesques, poussent ça et là.
Arrivés à Maracay, le bus pour Coro coûte 110f par personne ! Nous
allons donc à Valencia pour 6f,
puis prenons un deuxième bus pour Coro (non climatisé celui là) pour 60f. 44f d’économie par personne,
bien joué !
Très peu d’hôtels à Coro, nous allons donc chez Eric, un
français, qui nous loue une chambre pour trois avec ventilateur. C’est cher
(environ 100f
la piaule) mais il n’y a que ça. On changera demain. Ici il fait 30° ;
heureusement la cour intérieure de l’hôtel est bien ombragée, et l’air circule.
La ville, classée par l’Unesco pour ses maisons
anciennes, toutes peintes de différentes couleurs, et ses rues pavées, est
déserte. On est dimanche et on galère pour trouver un supermarché ou une
épicerie (notre hôtel dispose encore d’une cuisine). On finit par trouver une
boulangerie qui vend toutes sortes de trucs. On viendra manger une pizza ici ce
soir.
Après midi lecture dans les hamacs, et douche lorsqu’on a
trop chaud.
Lundi 10 septembre : Hamac, désert
Lorsque je me réveille, ce matin, Stéph est déjà
dans le hamac à bouquiner, et en est à sa troisième douche.
Nous partons interneter en ville, et faire des
courses. Galère, le supermercado convoité, et longtemps cherché, est fermé.
Après quelques courses, quand même, bouquinage dans les hamacs.
Vers 16h, on prend un taxi qui nous emmène hors de
la ville, là où une multitude de dunes forment un mini désert. Il en faut plus
maintenant pour nous étonner ; nous rentrons quand même deux heures plus
tard.
Mardi 11 septembre : Maracaibo, attentats à New York
Départ pour Maracaibo. Nous apprenons sur le trajet
le crash à New York, sans plus d’info.
Après avoir traversé un pont de 8km, nous arrivons
en ville, et prenons une chambre avec clim. car il fait plus de 30°C. Petite balade, courses
et galère pour manger le soir. Tout ferme à 18h, plus un resto, et ambiance qui
ne donne pas envie de traîner. Nous mangeons des sandwichs, debout dans une
boulangerie, en regardant les images de CNN.
Je monte ensuite sur le toit de l’hôtel mais le
fameux éclair permanent n’est pas visible. Il s’agit d’un phénomène inexpliqué,
mais invisible pour l’instant.
Mercredi 12 septembre : Route vers Merida
Lever à 5h30, car nous voulons éviter la chaleur de la
route. Peine perdue, car nous prenons finalement un bus à 8h pour Viaga ;
il n’existe apparemment pas de direct pour Merida.
Le paysage change complètement, montagnes dans la brume à
gauche, et étendue d’herbe verte, à droite, où paissent des vaches, à l’ombre
des feuillus. Après un changement instantané à Viaga, une heure et demie de
route nous amène à Merida, à 1500m d’altitude. Nous retrouvons un peu de
fraîcheur. La ville, très jeune en population car universitaire, paraît très
calme.
Nous prenons une petite chambre mignonnette, dans un
hôtel mignonnet : patio avec hamacs et tables pour manger, verdure, et
surtout cuisine bien équipée (ah, et aussi CNN international, pour les
dernières news sur New York !).
Jeudi 13 septembre : Découverte de la ville
Soleil le matin, puis temps couvert l’après midi :
la température, ici, est idéale, et nous faisons enfin des nuits
complètes ; nous nous couchons de plus en plus tard, et bien sûr, lever en
conséquence.
Nous sommes allés chercher les billets pour le
téléphérique, qui monte à plus de 4000m (le plus haut du monde). Un vrai
fiasco ! Le bureau d’information, à l’entrée, nous donnait des infos, des
hôtesses, plus loin, d’autres, et enfin, à la billetterie, ces infos n’étaient
plus les mêmes. Entre jours de fermeture, prix (c’est très cher !),
horaires et périodes haute ou basse… Bref, on a fini par prendre deux billets
pour dimanche.
Internet, ensuite, dans un resto ambiance
monastère : ordinateurs dans des sortes de confessionnaux, et peinture sur
les murs en conséquence, super sympa.
Qu’il est bon de rester un peu sur place, sans bouger, de
faire sa cuisine, on a l’impression d’habiter enfin quelque part, et de prendre
quelques petites habitudes.
Vendredi 14 septembre : La laiterie
Glandage le matin puis, vers 15h, nous partons à
pied pour aller chercher, à la sortie de la ville, du fromage dans une
laiterie. Le gars de l’hôtel nous dit qu’il y en a pour trente minutes, et nous
demande de lui en ramener un morceau. Au bout d’une demie heure de marche, nous
demandons notre chemin ; le gars nous dit qu’il y en a encore pour trente
minutes, et ça grimpe toujours !
On monte donc dans un minibus qui nous dépose à
l’université. De là part un petit chemin, qui monte, lui aussi, mais le
chauffeur du bus nous a dit qu’il ne restait plus que 200m à faire. On
redemande notre chemin à un pélo, qui nous
dit “al final, al final”. Ce qui veut sans doute dire “jusqu’au bout du
chemin”, dont on ne voit pas la fin ! On continue d’avancer, et pour être
bien bien sûr de la direction, on redemande encore. “Por aqui”, qu’un autre gars nous
dit ; on est donc sur la bonne route. “Et c’est loin ?” qu’on lui
demande. “Mas o menos” qu’il nous répond (ça veut dire “plus ou moins”) !
Après toutes ces précieuses informations, nous
arrivons trente minutes plus tard. 1h30 au lieu de 30mn annoncées, on a
vraiment été lents ! Paysages superbes en tous cas, nous sommes dans le
Jura, dans une étable où patientent une vingtaine de vaches avant la traite.
Les nuages et la brume débordent sur les vertes montagnes, donnant à l’ensemble
un aspect mystérieux.
Pas de camembert, ni de gruyère, contrairement à ce
qu’annonce le guide, mais du brie qui ne doit pas dater d’aujourd’hui. Après
avoir goûté, nous choisissons deux autres fromages, plus un litre de yaourt,
que nous goûtons à la sortie : une merveille !
Nous assistons à la traite des vaches, les pieds
dans la merde, et prenons le chemin du retour. Il se met à pleuvoir, et c’est
avec plaisir que nous enfilons nos KWay. En réalité nous accueillons toujours
la pluie avec joie, car depuis le début du voyage, elle se fait rare.
Samedi 15 septembre : Le petit village montagnard de Jaji
Nous prenons aujourd’hui le bus pour Jaji, prononcer
“Rari” en roulant les r façon moyen orient, merci. Bien sûr, comme imprévu, le prix et le temps
sont tous les deux le double qu’indiqué dans le guide ; sans doute
l’inflation.
Route sinueuse dans les montagnes ; Stéph va gerber
en arrivant, puis nous allons nous restaurer. Cadre sympathique et prix pas
excessifs, nous commandons une truite et un verre de blanc. Stéph va beaucoup
mieux.
A la sortie du resto, ambiance techno rave : des
murs d’enceintes, que nous n’avions pas vus, crachent un son genre 205 GTI qui
passe dans la rue, mais puissance 10. Ce sont en fait les réglages avant la
fête de ce soir, qui a lieu une fois par an. C’est bête, hein ! “Petit
village tranquille, sans téléphone, et relié depuis peu à l’électricité”, que
disait le guide !
Petite église ; toutes les maisons peintes en blanc
et bleu, c’est charmant, mais nous prenons un chemin qui monte dans la forêt et
fuyons le vacarme. Peu après nous conversons au bord de la route, en attendant
qu’un minibus passe.
Dimanche 16 septembre : Montée au téléphérique, glandage
Jour du téléphérique, qui nous emmène, en plusieurs
étapes, de 1600m à 4800m, en effectuant un changement de benne tous les 1000m
environ. 3°C
en arrivant là haut, avec vue sur le mont Bolivar (le plus haut sommet du
Venezuela) et un pic enneigé.
Puis la re-descente, où nous laissons la roche, brute et
aiguisée, pour retrouver la végétation et la forêt. Vue sur Merida et le petit
aéroport, où nous voyons filer les avions en approche entre les pentes des
montagnes. Nous discutons avec une française d’Evian qui a passé son doctorat à
Bogota en Colombie, et y enseigne maintenant.
De retour à 12h, nous déjeunons puis glandons sur
les hamacs. Vers 16h Stéph nous prépare un milk shake banane dont elle a le
secret, et puis après on re-glande. Après je me coupe les ongles des doigts de
pied et je fais une sieste pendant que Stéph, inlassablement, bouquine.
Jour de rien. On “Vamos
hacer la plaza”.
La plaza est la place où se tient le marché ; on va donc faire les
courses. Voilà pour l’explication linguistique.
Depuis que nous sommes à Merida, on en profite pour manger
du frais et utiliser la cuisine à notre disposition. Concombre à la crème,
salade tomates-thon-pommes de terre, ce midi purée de carottes, ce soir cuisse
de poulet-petits pois, et pour cet après midi nous avons acheté une noix de
coco afin que Stéph nous prépare un milk shake dont elle a toujours le secret.
Mardi 18 septembre : Chez Jacky
Nous prenons un bus pour Tabay puis, quelques
kilomètres plus loin, demandons l’arrêt. De là, part un chemin dans les
montagnes qui, après une heure, nous amène chez Jacky, un français qui tient un
ranch et propose des balades à cheval. Nous n’avons pas l’intention de faire
une balade, mais la française rencontrée dimanche nous a vanté les paysages de
ce coin ; ce n’est donc qu’un prétexte. La femme de Jacky nous offre café
et thé, et nous parle de sa vie ici.
Nous disons au revoir au couple et prenons le chemin
du retour, ouvrons et refermons plusieurs enclos pour sortir de la propriété,
traversons la rivière et, au bout d’une heure, retrouvons la route qui nous
ramène à nos hamacs.
Mercredi 19 septembre : Route vers Santa Fe
Finies les vacances ! Nous reprenons la route,
pour Ciudad Bolivar.
Mais nous ferons d’abord escale à Santa Fe, que nous
atteindrons après 18h de bus climatisé. J’insiste sur climatisé car nous avons
tenu à notre confort pour ce trajet : superbe bus, avec banquette
couchante et beaucoup de place pour nos pieds, mais la clim est bloquée à fond
et quand vient le soir ça caille franchement. Stéph a eu la présence d’esprit
de prendre son duvet avec elle, et moi seulement l’esprit de prendre ma
polaire. Il ne fait pas plus de 15° dans le bus, pour plus de 30° dehors.
Lorsque je descend du bus pour l’arrêt déjeuner j’ai
l’impression que quelqu’un a mis le chauffage dehors ; Stéph a
l’impression de rien car endormie, elle est restée bloquée dans le bus fermé à
clé. Resté près du bus, j’entends des bruits sourds contre les vitres fumées,
derrière lesquelles je ne vois rien, mais je suppose que Stéph est en train
d’essayer de casser la vitre pour mieux communiquer. Je vais trouver le gars
de la sécurité qui, arme à la ceinture, m’emmène jusqu’au chauffeur du bus qui,
tout en déglutissant sa soupe, me fait comprendre qu’il consent à venir libérer
la belle.
Après toutes ces aventures, nous arrivons à Puerto la Cruz, malheureusement plus tôt
que prévu. Nous devons donc descendre du bus, encore ensommeillés, et attendre
deux heures pour trouver un minibus pour Santa Fe.
Jeudi 20 septembre : Plage et barbecue
Santa Fe est tout en longueur, perpendiculaire à la
mer. Au bord de l’eau, le marché couvert, puis le port minuscule, où attendent,
sur les barques peintes, une cinquantaine de pélicans. Puis la plage, avec ses
petits hôtels où nous prenons une chambre. Pas plus de dix mètres entre
celle-ci et le ressac, c’est très tranquille, et les cocotiers sont là pour
nous faire de l’ombre.
La patronne, une hollandaise de 72 ans qui ne les
fait pas, a hâte de tout vendre et de
rentrer dans son pays. Et malgré sa froideur apparente, elle est très
prévenante avec nous. En plus Stéph a fait un peu de pub à un couple de
français qui passait avec leurs sacs à dos, ils ont pris une chambre pour au
moins deux nuits, la patronne est venue nous remercier. On l’a dans la
poche !
Nous discutons avec les français et décidons de
faire griller du poisson, ce soir sur la plage. Jean-Baptiste se fait prêter un
petit barbecue, puis nous allons faire le marché. On achète des poissons sur le
port, avec l’aide d’un local qui nous a aidé pour le barbecue. Tomates,
oignons, citrons ; JB achète du rhum et coca et on se met au travail.
Sur les cinq poissons achetés, un était gratuit. Nous le donnons au gars qui nous a aidé, et qui est un voisin de notre hôtel. La sœur du voisin, puis la mère, et enfin son mari finissent par sortir de chez eux, mettent de la musique, nous installent une table. La patronne de notre hôtel vient nous apporter couverts et assiettes, tout le monde s’y met. Les poissons, énormes, sont très bons, puis le rhum aidant, nous finissons par danser sur la plage.
Vendredi 21 septembre : Plage, orage, glandage
Stéph dort encore ; je pars faire des courses pour
le petit-déj. Bananes, pommes, un peu de jus d’orange, et on mélange le tout
avec yaourt et muesli, une merveille !
Petit tour sur le port ; on regarde les pélicans se
ruer sur les têtes de poissons que jètent les pêcheurs.
Puis plage, jusqu’à ce que l’averse arrive. Le ciel est
noir, les montagnes vertes qui entourent la baie disparaissent… puis la pluie,
bienvenue l’après midi, car la température baisse un peu. Les gamins continuent
de se baigner. Nous marchons cinq minutes avec nos KWay, puis on se replie.
Le soleil réapparaît, puis se couche dans le rouge
quelques heures plus tard. Nous pique-niquons sur la plage, à la lueur des
réverbères, au son du ressac.
Samedi 22 septembre : Ciudad Bolivar, au bord de l’Orénoque
Départ pour Ciudad Bolivar, en bordure de la Guyane vénézuélienne. Une
heure de por puesto pour Puerto la
Cruz, puis cinq heures de bus. Au moins 30° dans cette ville
aussi.
Nous prenons une chambre chez un allemand, qui habille
son hôtel de couleur rouge brique, et d’objets achetés dans les brocantes de
son pays : lustre au plafond dans son salon, vieux miroir, vieille radio
qui ne crache que du classique toute la journée, photos noir et blanc sur tout
un pan de mur… etc. Bien que le chat semble chasser les blattes, nous montons
la moustiquaire.
Nous parlons affaire avec le patron, qui nous propose une
excursion de trois jours pour aller voir le Salto Angel (la plus haute chute
d’eau du monde – 979m !) et les Tepuys (hautes montagnes abruptes, dont le
sommet est un plateau) pour 260$ par personne. Nous trouvons une option moins
chère en ville, pour 180$, avec une approche en bus au lieu de l’avion. Après
maintes réflexions, on décide de ne rien faire. Les photos qu’il nous a
montrées ne nous ont pas emballés, et puis c’est trop de pognon.
Nous sommes venus à Ciudad pour ça, mais aucun regret car
la ville est très sympa. Dans notre quartier, les maisons coloniales sont
toutes peintes de couleurs différentes, avec des contours de fenêtres blancs,
protégées par des barreaux en fer forgé ouvragé. Comme à Merida, l’église sonne
le carillon toutes les heures.
Dimanche 23 septembre : Repos et départ pour Cumana
Nous avons décidé de finir sur l’île de Margarita ;
il nous reste un peu plus d’argent que prévu sur le budget (pour le Venezuela),
on va essayer de se faire plaisir.
Nous partons donc à la gare routière réserver des billets
pour ce soir. Le bus qui nous emmène, et ils sont tous comme ça ici, est doté
d’une sono qui s’étale sur toute la partie haute du bus. On s’entend à peine
parler, et l’usage veut que l’on frappe dans les mains très fort pour demander
l’arrêt. Ca surprend au début, quand plusieurs personnes frappent en même
temps, semblant battre le rythme de la musique.
Le bus est à 23h, en couchette et clim, pas le choix à
cette heure mais au moins on économise une nuit d’hôtel.
On traîne donc en ville en attendant, puis cuisine,
sieste et lecture.
Je prévoie, ce coup-ci, polaire et duvet, puis le bus
démarre pour Cumana, que nous atteindrons normalement à 6h.
Lundi 24 septembre (Stéph qui écrit) : L’Isla Margarita, Porlamar
Surprise ! Nous arrivons à Cumana à 4h30 du mat., au
lieu de 6h ! Une heure et demie d’avance ! Qu’allons nous faire jusqu’à
7h, heure du premier départ de bateau vers Margarita… Nous nous installons sur
les tabourets de bar d’une gargote de la gare routière, et prenons un café
(j’ai appris à “aimer” le café en Amérique du Sud, car souvent il n’y a rien
d’autre : pas de thé, encore moins de chocolat, quant à demander de l’eau
chaude – j’ai toujours un sachet de thé sur moi – on a laissé tomber :
soit ils ne comprennent rien, soit ils n’en n’ont pas – si si, c’est
possible !).
On essaye, pendant ce temps, de glaner des infos sur
l’accessibilité de l’embarcadère à pied (se méfier des réponses du type “mas o
menos” – “plus ou moins” en français – à la question “est-ce que c’est
loin ?”), et sur le premier bateau en partance (toujours vérifier les
infos du guide !).
Bref, après une demie heure de marche avec nos gros sacs,
on arrive au port, alors que le premier bateau (le moins cher !) nous
passe sous le nez, à cinq minutes près. On prend le suivant, à cent balles le
passage (deux fois plus cher que ce que dit
le bouquin…). Super film à bord : “L’Arme Fatale 4”, en espagnol !
Deux heures après, mas o menos, on arrive à Margarita, et
on file direct vers Porlamar, la plus grosse ville de l’île, d’où on pourra
repartir le lendemain avec de bonnes infos sur les plus belles plages de l’île.
Tous les hôtels pas chers sont pourris, mais on n’a pas
le choix.
Après un déjeuner en ville, on trace vers le sud de la
ville, où office de tourisme, compagnies de bateaux (pour le retour sur le
continent), grands hôtels, et grands
magasins se succèdent. Ca oscille entre Côte d’Azur et ville américaine. On
opte, pour les trois nuits suivantes, pour un super hôtel avec kitchenette,
balcon et piscine à 350f
par nuit ! On arrive à négocier 10%. Ce sera notre premier super hôtel depuis
presque quatre mois, et la cuisine permet de manger ce qu’on veut à moins cher
que dans la rue.
Mardi 25 septembre : Découverte du quartier sud de Porlamar
Après une nuit dans notre hôtel pourri (cafards, mur qui
tombe en ruine, chiottes face au lit, sans porte…), nous sommes impatients de
prendre possession de nos appartements, au “Margabella Suites” (“Margarita”,
comme le nom de l’île, était déjà pris !).
On arrive vers 10h, mais malheureusement la chambre n’est
pas prête, bien que l’hôtel semble désert. On va donc squatter la piscine en
attendant, jusqu’à 1h. La situation géographique de l’hôtel est idéale :
plage et cocotiers, grand supermarché Cada pas loin, quartier commerçant très
animé le soir au coin… En plus la chambre est au 8è étage, l’hôtel étant les
pieds dans l’eau, on a vue sur la mer ; le jacuzzi est sur la terrasse, au
10è étage…
Nous partons faire des courses pour remplir le frigo,
visiter le quartier, et enfin profitons de notre super piaule, où la clim est
la bienvenue.
Quelques pensées sauvages nous traversent l’esprit à
propos du Venezuela. C’est le pays où :
a)
On doit mettre son corps en valeur : grosses ou
maigres, toutes les femmes sont habillées de fringues moulantes, et sans
complexe,
b)
La tradition veut que l’homme se gratte les couilles à
longueur de journée, sans complexe ; il matte tous les culs - féminins,
sans complexe,
c)
Comme dans toute l’Amérique Latine, on jette sa canette
par la fenêtre après l’avoir bue, sans complexe,
d) Tous les mots sont “petits” : “pequenito” au lieu
de “pequeno”, “todo derechita”, et pas “derecha”, “haorita” contre “haora”…,
sans complexe.
Mercredi 26 septembre : Playa El Agua
Réveillés par le bruit du ressac, nous prenons notre
petit-déjeuner sur le balcon. Au loin, un catamaran file sur l’horizon, toutes
voiles (multicolores) dehors. A nos pieds, les pêcheurs rentrent déjà ;
leurs barques colorées seront bientôt envahies par les pélicans. Sur notre
gauche, la longue plage de sable blanc, bordée de cocotiers, s’étale jusqu’au
port de plaisance que le soleil illumine déjà.
Aujourd’hui nous nous rendons sur la plus belle plage de
l’île, vantée par l’office du tourisme. Quarante cinq minutes de bus nous y
emmènent. Munis d’un bon que l’hôtel nous a gracieusement fourni, nous nous
installons sur un transat, à l’ombre d’un parasol. En prime, un cocktail de
bienvenue nous est offert.
“Playa El Agua” s’étale sur quatre kilomètres. Cocotiers
sur toute la longueur, et malheureusement restaurants et chaises longues. De
très nombreux vendeurs ambulants viennent nous proposer leur marchandise :
casquettes, paréos, snacks, boissons, glaces, sandales, excursions, vols en
ULM… J’opte pour les services de l’un d’entre eux : je me fais faire des
tresses, que j’attendais depuis si longtemps.
Cette plage, très touristique, n’étant pas celle de nos
rêves (de plus, baignade difficile : rouleaux et algues à profusion), nous
repartons vers 15h.
Sieste et préparation du dîner nous amènent au soir. Nous
dînons sur le balcon, sous la lanterne du phare.
Le ara, dans sa cage, au bord de la piscine, a poussé son
cri rauque : il est l’heure de se réveiller.
Après notre petit-déj face à la grande bleue, nous
préparons une compotée de poivrons, que nous laisserons refroidir pendant nos
brasses matinales dans la piscine.
L’après-midi s’écoule lentement, ponctué d’une visite à
la plage voisine, la playa “Bella Vista”, bordée de cocotiers bien alignés (ça
manque un peu de naturel… serait-ce là plantations ?)…
PS de Norb : j’ai pas compris “plantation” je cite ; alors Stéph, fâchée, me donne la suite à écrire.
Réponse de Stéph : C’est pas vrai. Je lui ai donné la suite parce que Norb a dit que ma phrase ne voulait rien dire, genre que mon style était nul !
Re-Norb : Bon, on va essayer de continuer… Après qu’on a nagé deux fois, et ben on va y retourner une troisième fois, mais à la piscine. Après on a fait les courses et la journée elle était finie. On a mangé sur le balcon mais y avait pas de coucher de soleil. Stéph a dit qu’on pouvait pas avoir les deux, le lever et le coucher. Après on a mis un peu la clim et on a dormi longtemps.
Vendredi 28 septembre (Stéph) : Piscine, puis retour sur le continent, vers Caracas
Déjà notre dernier jour à Margarita. Nous avons la
chambre jusqu’à 1h et en profitons : préparation d’une salade pour le
soir, glandage, un peu de piscine le matin, on finit les restes pour vider le
frigo et on ferme les sacs.
On passe l’après-midi à la piscine et à 17h, départ pour
l’embarcadère où un ferry nous attend (à 19h). Le ferry a une très belle
apparence extérieure. Néanmoins, l’impression change lorsqu’on entre dans le
bateau, à côté des voitures, camions, et autres véhicules (la sécurité, connaît
pas !), et qu’on se croirait dans les cales du Titanic pour arriver à la
salle de 2è classe : une immense cantine. Pour moi, cela me fait penser
aux bateaux des boat people.
On arrive à Puerto La Cruz quatre heures plus tard, à 23h. Très grosse
galère pour trouver un bus pas cher pour Caracas, sans pour autant arriver là
bas trop tôt. A minuit et demie nous n’avons plus le choix. Le dernier bus en
partance est plein, mais deux personnes ne se sont pas présentées ; nous prenons leurs places.
Samedi 29 septembre (Norbert) : Visite des hôtels de passe
Nous arrivons à 6h30 à Caracas. Le métro nous emmène dans
le même quartier qu’il y a un mois, mais nous voulons éviter le même hôtel.
Nous en faisons trois qui nous refusent, car ils ne louent les chambres que
pour quelques heures : payer pour une nuit entière ne les intéressent donc
pas. Un autre accepte que nous attendions dans le hall qu’une chambre se
libère. Il y est écrit qu’il est impossible de visiter une chambre avant
d’avoir payé. Ca laisse présager le pire. A 10h, notre chambre faite, nous
chassons les quelques cafards, installons la moustiquaire, et dormons.
L’après-midi, nous traînons dans le quartier et prenons
des nouvelles sur Internet.
Notre vol étant à 7h le lundi matin, nous avions pensé
dormir près de l’aéroport et ainsi éviter de prendre le taxi pour nous y
rendre. Les chambres, près de l’aéroport, étant très chères, et le taxi bon
marché, nous décidons, malgré nos amis les cafards, de rester une nuit de plus
ici.
Dimanche 30 septembre : Quartier colonial et gigantesque centre commercial
Nous prenons un bus pour nous rendre dans le plus grand
centre commercial d’Amérique du Sud. Nous y sommes vers 10h, et chose étrange,
il n’ouvre qu’à 14h.
Demi tour, donc, direction le quartier colonial, où nous
visitons le Congrès, puis le Panthéon.
Nous mangeons ensuite chez Mac Do, afin de prendre de
bonnes habitudes pour notre prochaine destination, puis retournons au centre
commercial. Lorsque le bus nous y dépose, il pleut à verse et c’est par petites
étapes que nous rejoignons les boutiques. Magasins sur cinq étages ; je
n’ai jamais vu aussi grand. Une terrasse, au dernier étage, étale une vue sur
la ville et sur un petit aéroport où les avions, passant à 100m de nous,
atterrissent.
Revenus près de l’hôtel, nous mangeons à nouveau une
grosse galette au fromage, puis allons retrouver nos amis les cafards.
Lundi 1er octobre : Vol Caracas - Miami
Chargés de nos sacs à dos, nous prenons un taxi pour
l’aéroport, négocié à 120f
au lieu de 150f ; on se dit que le gars a accepté un peu trop facilement…
on aurait pu l’avoir à 100 ! Il n’est pas encore 5h du matin et à cette
heure là le taxi fonce. 120, 130
km/h, ça fait longtemps qu’on n’a pas roulé aussi vite
et je ne suis pas rassuré.
Nous ne sommes pas les premiers à l’aéroport, et lorsque,
dans la queue, notre tour arrive, Stéph explique son problème de billet
d’avion volé. Le gars va voir son chef, et revient avec une mauvaise nouvelle. Du coup, on file dans le bureau du chef, qui
ne veut rien savoir pour refaire le billet de Stéph gratos, et nous propose d’attendre l’ouverture de l’agence à
Caracas pour que eux, prennent une décision.
Version de Norb :
C’est donc seul que j’enregistre mon vol, seul que je
décolle en regardant à travers le hublot l’aéroport, où quelque part, Stéph
attend son tour.
Après avoir survolé La Havane, vers 10h l’avion atterrit à Miami. Stéph
ayant un vol vers 11h, je parcours l’aéroport de long en large pour comprendre
son fonctionnement, et trouver où attendre ma chérie. Je trimballe partout mon
gros sac, que je ne peux laisser nulle part, et je me rends aux portes où les
avions en provenance de Caracas atterrissent, des fois qu’elle aurait pris un
vol sur une autre compagnie. Elle apparaît finalement vers 15h, les yeux
fatigués des larmes versées.
Version de Stéph :
Après avoir squatté un bout de temps devant le
guichet d’Aéropostal, assise par terre, je pars faire un tour dans l’aéroport,
en espérant trouver un café ouvert (il est 7h, je dois encore attendre deux
heures pour l’ouverture de l’agence à 9h, et prendre un vol vers 11h, quelle
que soit la réponse de l’agence). Je trouve un grand café et m’installe dans un
coin. J’essaie de penser à quelque chose de gai, mais malgré tout je n’arrive
pas à refouler mes larmes. Tous les mois, le même problème avec des surprises
en plus, sinon ce serait trop facile ! J’en ai ras le bol !
Un des employés d’Aéropostal, qui m’avait parlé
précédemment, arrive avec son petit déjeuner. Voyant ma mine décomposée, il me
demande de s’asseoir à ma table. Nous entamons la discussion ; un peu plus
tard son collègue arrive ; ils racontent des blagues et me font rire. Ca
va beaucoup mieux.
A 9h, alors que le grand chef m’avait oubliée, il
téléphone à l’agence, et le couperet tombe : je dois racheter un billet
(environ 3.000 f),
ce que je fais (heureusement que la “vendeuse” accepte que je paye avec la
carte de crédit de Norb, car moi, je n’ai plus la mienne, et Norb n’est pas
là !). Petits problèmes pour passer l’enregistrement, car je n’ai plus mon
billet pour quitter les Etats Unis et, enfin, je décolle pour Miami à 11h, où
Norb m’attend.
Nous nous installons à l’auberge de jeunesse de Miami
Beach, dans des dortoirs séparés (non mixtes) et néanmoins très chers !
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