![]() |
![]() |
![]() |
|---|
Vietnam
Journal de bord
Samedi 10 novembre 2001 (Norbert qui écrit) : Voyage vers le Vietnam, à Ho Chi Minh Ville (ex Saïgon)
Levés tôt, nous prenons un cyclomoteur qui nous emmène au
terminal de bus puis, dans un timing impeccable, nous arrivons à l'aéroport
deux heures avant le décollage.
Stéph s'occupe des démarches ; je suis
trop naze. Un coup je transpire, un coup j'ai froid, et je ne passe pas
inaperçu avec ma polaire dans l'avion.Arrivés dans le superbe aéroport de Singapour, très
moderne et surtout immense, nous patientons trois heures. La clim ne m'aide pas
à enlever ma polaire.
Re-décollage
pour Ho Chi Minh, re-bouffe dans
l'avion ; nous arrivons au Vietnam gavés comme des oies. Au moins
je n'ai
pas trop perdu l'appétit. Ce qui me fait penser que la malaria n'y est
pour
rien dans tout ça. J'enlève quand même ma polaire pour passer
l'immigration et
essaye de sourire au douanier qui, lui, ne rigole pas. L'aéroport ne
semble pas avoir changé depuis la
guerre ; il est petit et délabré. Impossible de faire du change
dans
l'aéroport.
Nous payons en dollars un taxi qui nous dépose dans le
centre. Hôtel moyen à prix moyen, mais petit déj inclus, chambre
spacieuse et balcon.
Nous partons ensuite faire le tour des agences voir ce
qu'ils proposent, car il est clair qu'au Vietnam, si l'on veut gagner du temps,
de l'argent et beaucoup d'énergie, il vaut mieux passer par ces agences, que ce
soit pour des excursions, ou des transports.
Dimanche 11 novembre : Les hôpitaux vietnamiens
Stéph m’accompagne à l’hôpital ; les antibiotiques
et l'aspirine pris pendant quatre jours ont été inefficaces ; pas la peine
d’aller plus loin. Nous longeons les couloirs glauques de l’hôpital en quête
d’un toubib ; des gens sont allongés dans des salles, certains intubés.
Ambiance !
Un toubib et son infirmière nous reçoivent. Prise de
tension, température (38,5°) ; d’autres personnes ne se gênent pas pour
entrer dans le cabinet pendant que le toubib m’ausculte. On paye 10$ et Stéph
fait la queue avec l’ordonnance : Augmentin, Efferalgan et cocktail de
vitamines pour trois jours. Si ça ne va pas mieux il faudra faire une prise de
sang pour un éventuel palu. Je passe le reste de la journée au lit, et laisse
Stéph seule dans les rues de Saïgon.
Lundi 12 novembre : Anniversaire de Stéph
Pas d’amélioration. Je descends prendre le petit déj, et remonte me coucher.Mardi 13 novembre : Encore et toujours malade…
La température semble baisser un peu, mais je me sens
toujours aussi flagada, et toujours ce mal de crâne, et cette douleur dans le
cou. Le virus s’accroche. Nous changeons de chambre sur la demande du proprio de l'hôtel ; même taille mais un
lit de moins. Trois lits suffiront. En plus les matelas sont mieux ; nous
avons l’eau chaude et un étage de moins à gravir. Je me fais tondre les cheveux
dans l’hôtel qui fait aussi coiffeur ; Stéph doit d’abord donner une
formation tondeuse à la nana.
Je passe encore la journée enfermé, à dormir, ne
sortant que pour manger, laissant encore Stéph seule, qui commence à se faire
chier.
Mercredi 14 novembre : Les massages vietnamiens
Température à 36.6° ; j’espérais que ça
descende mais je n’en demandais pas tant. Toujours flagada, je sors avec
Stéph,, mais au bout de deux heures je suis comme un zombi ; ce n’est pas
gagné ! A cours de médocs, le traitement étant fini, je continue à boire
mes quatre litres d’eau par 24h.
Nous nous inscrivons pour le lendemain, pour une
balade d’une journée.
Mais pour se remettre en forme Stéph a dégoté une
adresse de massages, faits par des aveugles. Elle me propose deux heures, me
vantant les massages thaïlandais qui eux, duraient plus de trois heures sans
que l’on sente le temps passer. Nous payons donc pour deux heures en demandant
à être dans la même pièce, mais lorsque l’on nous sépare, nous revenons sur
notre décision et ne payons que pour une heure. Sage décision, car le massage
ne se fait pas tout à fait dans la douceur et une heure suffit amplement.
Jeudi 15 novembre : Temple Caodaï, Tunnels de Cuchi
Nous partons
donc pour la journée. Une première étape au temple caodaïste de Tay Ninh en
forme d’église, et riche en couleurs. Les touristes assistent à la messe du
haut de balcons. Des hommes vêtus certains en rouge, d’autres en bleu, et
encore d’autres en jaune, pénètrent en ordre dans le temple, suivis d’hommes et
de femmes vêtus de blanc. Tout le monde s’assied et chante.
Après ce moment impressionnant nous partons visiter
les Tunnels de Cuchi. Il s’agit en fait de galeries souterraines, reconstituées
pour les touristes, que creusaient les vietcongs pour se planquer pendant la
guerre. Nous empruntons l'un d'eux sur plusieurs niveaux, rencontrons
chauve-souris, et en sortons en sueur d’avoir piétiné, accroupis, dans ces
galeries faites pour des nains.
Présentation de diverses trappes avec pointes pour
pu que tu bouges une fois dedans. Vieux char tout rouillé, trous d'obus,
trappes planquées sous des feuillages pour accéder aux tunnels ; voilà,
très touristique dans l'ensemble. De retour à Ho Chi Minh, on sinscrit dans la même
agence pour trois jours en bateau sur le Mekong.
Vendredi 16 novembre : Delta du Mekong
Nous laissons nos sacs à l'hôtel, chez monsieur Phuc (prononcez “pouc”), et montons dans le bus jusqu'à Mytho. De là nous prenons une grande pirogue qui nous arrête à une fabrique de pop rice et pop corn. Puis nous empruntons d'étroits canaux bordés de verdure. Arrêt bouffe, puis petite balade à pied.
Nous ré-embarquons pour s'arrêter de nouveau à une petite fabrique de coconut candies. Nous continuons, pour débarquer et prendre la piaule. Le soir nous sortons bouffer en groupe ; l'horreur car le service est très long ; certains ont fini alors que d'autres n'ont pas commencé.
Samedi 17 novembre : Le marché flottant, les WC vietnamiens…
Nous ré-embarquons sur la pirogue pour nous enfoncer encore plus dans les méandres du Mekong. Tout le monde est maintenant sur le toit de la pirogue et ça mitraille. Passage au marché flottant ; petit arrêt où nous montons sur un mirador observer des centaines d'oiseaux rassemblés là, on ne sait pourquoi.
Le bateau passe parfois tout juste sous les ponts, nous sommes donc obligés de sauter sur le pont, puis de retomber de l'autre côté, sur le toit du bateau, ou d'autres fois de nous allonger complètement. Nous rejoignons ensuite un plus gros bateau avec canapés, et terrasse avec chaises longues. Ce bras de fleuve est plus large, et beaucoup de gros bateaux y circulent. Arrêt à une fabrique de galettes de riz, et visite de chiottes où, en fait, tout (les excréments) atterrit dans un grand bassin, et des espèces de poisson-chats s'occupent du reste (ça leur sert de repas).
Le bateau nous largue ensuite en ville, où nous allons, ce coup ci, manger seuls.
Dimanche 18 novembre : Maisons flottantes, fermes de poissons…
C'est quatre par quatre que nous embarquons ce matin, dans des petites pirogues qu'un homme, debout à l'arrière, fait progresser à l'aide de deux rames qu'il croise. Nous circulons entre des maisons posées sur des barques. Nous faisons un arrêt à l'une d'entre elles : une cage se trouve sous la maison, la nourriture est fabriquée sur place, et jetée ensuite dans une ouverture du plancher. Des centaines de poissons remontent manger.
Nous reprenons ensuite notre gros bateau qui, après plusieurs heures, nous dépose à terre, où nous attendons notre bus qui tarde à venir. Nous arrivons après plusieurs heures de route à Ho Chi Minh. On retourne voir Mr Phuc, là où nous avons laissé nos sacs, mais on a décidé de changer d'hôtel.
Lundi 19 novembre : Organisation de notre (futur) départ du Vietnam
Nous avons décidé de laisser tomber la Chine , pour diverses raisons (d'argent, de temps, et de fatigue), et donc d'utiliser notre billet d'avion (gratuit) Ho Chi Minh / Bangkok. On va donc à l'agence changer la date du vol, et se renseigner sur un vol Hanoï / Ho Chi Minh, car vu les conditions du transport routier, on ne veut pas se taper les 1700 km en bus dans l'autre sens, du nord du pays au sud. Sinon autre solution, le train, mais il est presque aussi cher que l'avion. On en profite aussi pour changer des travellers chèques, et confirmer notre bus pour demain, direction Dalat (dans les montagnes proches du Cambodge).
Mardi 20 novembre : En route pour Dalat
Départ du bus avec une demi-heure de retard, normal ! Nous arrivons à Dalat dans l'après midi. Hôtel confortable. Nous descendons tout de suite au marché. Nous sommes à 1500 mètres d'altitude et avons ressorti les polaires ; l'air frais fait cependant du bien. Internet, puis nous allons dîner, avec un verre de vin rouge, hummm…
Mercredi 21 novembre : Les jardins botaniques…
Nous faisons 3 kilomètres à pied (aller retour) pour visiter les fameux jardins de Dalat et, à l'arrivée, ça n'en vaux vraiment pas le coup !
On déjeune ensuite dans un resto où le patron parle très bien français ; il s'occupe d'un groupe de touristes français, un groupe organisé de vieux. On traîne dans le quartier (français) puis café croissant dans un petit café, où se retrouvaient tous les intellectuels lors de l'occupation française (ils en ont gardé la déco).
Nous rentrons à l'hôtel puis allons manger à cent mètres, dans un resto repéré plus tôt. Un vietnamien qui vit en Californie nous fait la conversation. Il est bourré ; il nous présente sa future femme (une vietnamienne, intimidée), nous montre ses cartes de crédit, nous offre un verre d'alcool de riz, et enfin paye notre repas.
Jeudi 22 novembre : Nha Trang, en bord de mer
Départ de Dalat pour Nha Trang, sept heures de route. Le bus s'arrête pour la visite de la tour Cham. Il est clair que le bus s'arrête en ces lieux que personne ne visiterait autrement pour faire marcher le business. De même que les haltes pour manger se font dans des endroits où il n'y a pas le choix : c'est ça ou rien ! Arrivés à Nha Trang, nous marchons le long de la plage pour trouver une piaule. Après une sieste, poste et échange de bouquins.
Puis nous allons manger, et négocions une location de mobylette pour le lendemain, avec une fillette parlant assez bien anglais, qui s'occupe du resto, et dans lequel un rat fait des allées et venues.
Vendredi 23 novembre : Découverte de la ville, puis détente au Louisiane Café
Nous retournons au resto prendre la mob, qui n'est pas prête, et lorsqu'elle arrive, le plein n'est pas fait. On laisse tomber et louons deux mobs avec chauffeur pour le même prix. Ils nous emmènent voir un temple avec son énorme Bouddha blanc, puis un autre vieux temple très décevant. Ils nous arrêtent deux ou trois fois pour prendre des photos en chemin, et nous déposent finalement dans le centre ville, au pied d'une église. Il semble que tous les sites décrits dans le guide soient décevants ; il faut s'adapter.
Nous allons ensuite dans un salon de thé, le Louisiane Café, en bord de mer, et prenons jus de fruit, gâteaux et yaourts (produit de luxe en Asie !) au bord de la piscine. Une partie de billard, puis retour à l'hôtel pour attendre le pick up qui doit nous déposer au départ des bus. La nuit tombe ; j'observe, en attendant, les rats qui longent la grille de l'hôtel.
Samedi 24 novembre : Hoi An
Après un trajet de nuit, où nous avons quand même réussi à dormir un peu, nous arrivons à Hoi An. Les hôtels sont tous un peu plus chers ici, mais nous arrivons quand même à avoir une grande piaule avec TV5. Première ville sympa du Vietnam : Petites ruelles avec maisons en bois ou murs jaunes, petits ponts traversant une rivière, marché et gamins qui passent un long moment avec nous, assis sur un banc, pendant que la lumière du soir décline et que les nombreux lampions de la ville commencent à s'illuminer.
Dimanche 25 novembre : My Son
Visite du site de My Son, situé à 1h30 de route de Hoi Han. Ruines d'anciens temples où il ne reste plus grand chose. Décevant. De retour à Hoi An, re-ballade dans la ville, puis retour à l'hôtel pour le journal. Comme hier soir, coupure d'électricité dans toute la ville ; nous ressortons dîner et affrontons les rabatteurs. La technique est différente ici. “Bonjour”, puis “où allez vous”, puis “where do you come from”, puis “comment allez vous”, et encore “comment tu t'appelles” et enfin “viens dans ma boutique!!”. On finit par ne plus répondre.
Lundi 26 novembre : Trajet vers Hué
On quitte cette jolie ville dont nous avons largement fait le tour, direction Hué. Le bus s'arrête en chemin pour la visite des Montagnes de Marbre. Certaines sont creuses et se visitent. Nouvel arrêt pour admirer la vue, mais pas grand chose à voir, et un dernier arrêt avant d'arriver, une heure celui-ci, à un bar au bord d'une plage bof bof ; les gens se mettent en terrasse et consomment en attendant. Nous marchons vingt minutes sur la plage et allons nous asseoir également en terrasse, mais on ne consomme pas. Arrivés à Hué, petite marche avec les sacs à dos et retour case départ pour une piaule pas chère. Douche, bouffe, il est déjà 15h00. Nous filons au marché couvert, sur deux étages ; il y a de tout. On achète un tee-shirt pour Steph. Sur le coup on croit que c'est du 100% coton, on s'aperçoit après qu'il est plutôt 100% polyester (bonjour la transpiration lors des longues marches avec les 15 kg sur le dos !). Retour à la piaule. C'est pas cher (4$) mais c'est vraiment petit et la salle de bain sent les égouts. Nous demanderons à changer demain.
Mardi 27 novembre : Visite de la Citadelle
Après un petit-déj au Sinh Café, nous partons visiter la citadelle : une grande muraille qui ceinture un parc de 40 hectares , avec, à l'intérieur, plusieurs pavillons dans le style pagode, certains rénovés, d'autres en ruine, et beaucoup en cours de restauration. On a l'impression d'arriver au Vietnam dix ans trop tôt car tout est en cours de restauration, aussi bien les monuments que les routes…etc. Dommage pour le temps car il n'arrête pas de pleuvoir et on est un peu frustrés pour les photos. Retour à l'hôtel où nous avons réussi à changer de chambre ; celle-ci est plus grande et ne sent pas les égouts. Après manger nous décidons d'aller boire un verre dans un bar. C'est pas tous les jours fête : on tourne au whisky-coca et cacahuètes, en regardant les joueurs de billard (héritage américain oblige), et le patron, un vieux papi qui compte les tours et déambule dans le bar, les bras se balançant en arrière. C'est pas tous les jours fête, on est au lit à 11h !
Mercredi 28 novembre : Journée cool cool…
Nous avons laissé tomber la balade en bateau sur la rivière des parfums. Le tour organisé que l'agence nous propose est, semble-t-il, désorganisé : Le bateau doit nous déposer à des tombeaux le long de la rivière ; il faut payer l'entrée aux sites à chaque fois, et louer une mobylette à chaque arrêt, ou marcher une heure aller-retour ! Nous préférons marcher à l'extérieur de la ville en visitant plusieurs pagodes. Le temps est aujourd'hui superbe, nous finissons notre visite vers 15h30, et retournons au Sinh Café, notre QG, où nous pouvons lire un quotidien vietnamien écrit en français.
A 17h30 nous mangeons un morceau, avant de prendre le bus qui nous déposera, quatorze heures de voyage plus tard, à Ninh Binh, au sud d'Hanoi. Mais avant tout, il faut aller déposer des affaires sur les sièges, et ainsi réserver quatre places pour deux, car les bus sont très inconfortables et même avec deux places chacun, dur dur de dormir. Finalement tous les couples dans le bus réussissent à avoir quatre places. La route est ici récente et nous arrivons à l'heure, après deux pauses : une à 22h30 pour que les gens puissent manger, l'autre à 2h du mat, on ne sait pas pourquoi. Dans la nuit Stéph demande au chauffeur de s'arrêter à des toilettes, le bus pile immédiatement, et la moitié du bus descend. Les filles derrière le bus, les mecs devant, c'est la pleine lune, le brouillard stagne au dessus des rizières, l'instant est mythique !
Jeudi 29 novembre : Tam Coc, une mini baie d'Along sur terre
Le bus nous dépose au pied d'un hôtel. Après avoir visité les chambres, qui puent, la patronne est en colère de nous voir partir ailleurs (les compagnies de bus et les hôtels sont souvent de mèche pour le business). Nous trouvons, pas loin, une piaule pas chère QPP (qui pue pas) et essayons d'organiser notre visite.
Nous partons finalement à trois sur une mobylette qui nous dépose à Tam Coc, où nous faisons une balade de deux heures, tous les deux dans une barque avec deux femmes : l'une rame, l'autre pousse l'embarcation à l'aide d'un bâton. Paysages superbes de pains de sucre dans les rizières ; trois passages sous des grottes…
Nous rentrons déjeuner et faisons une sieste, bien méritée. Promenade, le soir, dans les rues de Ninh Binh, où il n'y a vraiment rien à voir, et nulle part où manger. Nous rentrons à l'hôtel et prenons une soupe de riz au poulet.
Vendredi 30 novembre : Arrivée à Hanoi
Départ pour Hanoi. Il est 5h30 du mat, nous sommes devant l'hôtel prévu et mangeons nos sandwichs banane en attendant le bus. Un homme sur le trottoir fait sa gymnastique, les boutiques ouvrent déjà. La patronne de cet hôtel, avec qui on s'est engueulé la veille, prouve à nouveau qu'elle est vraiment conne ; elle commence à servir les petit-déjeuners, mais nous laisse mourir de froid dehors (elle refuse que l'on entre à l'intérieur de l'hôtel). Le bus arrive à 6h30, et lorsque les touristes en descendent, Stéph fait, devant la patronne, une “bonne” pub de son hôtel, et lui fait un doigt en montant dans le bus. Deux heures plus tard nous arrivons à Hanoi, trop facile ! L'hôtel classe dans lequel on avait une réduction est bien sûr complet. Deux autres, à dix dollars, sont pourris ; on finit par trouver notre bonheur pour six dollars.
Après avoir déjeuné à l'hôtel, nous partons faire le tour des agences afin d'organiser nos prochains jours. Difficile de choisir car les départs en groupe pour Sapa se font le jeudi, ce qui nous fait rentrer le dimanche suivant, pour ensuite prendre l'avion pour Ho Chi Minh le lundi, pour 130$ par personne.
Autre solution : partir à Sapa à deux, avec un guide, pour 60$/pers. Mais plus les 130$ ça commence à faire cher !
Finalement nous rencontrons un canadien dans une agence, qui cherche du monde pour partir à la baie d'Along en petit groupe, pour le lendemain. Nous avions prévu de faire l'excursion plus tard, mais ce qu'il nous propose demande réflexion. Il était prêt à mettre 200$ pour partir, et après négociation, l'agence demande 150$ pour le bateau, équipage et repas compris. Nous lui proposons de mettre 30$ chacun, à lui de payer les 90$ restants.
L'affaire conclue, nous rentrons à l'hôtel nous préparer pour le lendemain.
Samedi 1 er décembre : La baie d'Along
Un bus, d'une trentaine de passagers, nous emmène à Along, où nous prenons le déjeuner à trois en attendant notre guide. C'est un vrai festin qui nous est servi : petite soupe, une assiette de frites, un poisson, du tofu, des nems, des légumes, une gamelle de riz, des calamars… seules les boissons sont à payer.
Le guide arrive à l'heure ; nous embarquons sur un premier bateau qui nous paraît beaucoup trop grand pour trois personnes, et dont l'aspect extérieur est un peu misérable. Stéph part en choisir un autre. Plus modeste, une douzaine de mètres, en meilleur état et où nous pouvons monter sur le toit.
Nous nous arrêtons sur une première île, visiter une immense grotte, avec stalactites formant de très belles sculptures… mais nous sommes d'accord avec David le canadien pour ne pas s'éterniser et passer le maximum de temps sur le bateau ; nous remontons dans le bateau vingt minutes plus tard.
Le site va au delà de nos espérances : nous l'imaginions petit ; il est en fait composé d'environ 2.000 îles dispersées sur 1500 km2. Nous nous enfonçons de plus en plus dans ce labyrinthe, croisant peu de bateaux.
Après être passés devant des cultures de perles, entourées de quelques maisons flottantes que nous supposons encrées dans le fond, le bateau stoppe dans une baie et jette l'encre. Petite baignade dans l'eau presque turquoise, puis dîner, ou plutôt re-festin. David sort une bouteille de rouge, puis après avoir discuté, tout le monde va se coucher (David est réalisateur photo pour le cinéma, aux Etats-Unis, ce qui explique qu'il ait accepté de payer la différence pour le bateau).
Lorsque David se met à ronfler dans la cabine voisine, nous réalisons que les couchettes, faites pour des vietnamiens, sont trop courtes. Nous déménageons les matelas sur le toit, après qu'un rat, apeuré, soit descendu du mât et ait filé sur le pont. Nous nous endormons à la belle, bercés par le clapotis de l'eau.
Dimanche 2 décembre : Balade parmi les milliers d'îlots…
Petit-déj à 7h30.
On lève l'ancre et reprenons notre avancée dans le labyrinthe. Petit arrêt dans un village flottant, puis arrêt de nouveau dans une île, où nous montons au sommet admirer la vue.
Le déjeuner est servi à 11h30. On gueule un peu mais le bateau doit être à quai à 13h car notre bus nous y attend.
Nous arrivons à Hanoi après cinq heures de route, après avoir croisé une fois de plus un accident. On reprend la même chambre et dîner-dodo.
J'oubliais de parler du spectacle auquel nous avons assisté le veille de notre départ pour Along : des marionnettes sur eau, manipulées par une dizaine de personnes, dissimulées derrière un rideau. Un orchestre et deux chanteuses accompagnent les différentes scènes du spectacle unique en son genre.
Lundi 3 décembre : Préparation des cartes de vœux
Journée tranquille. Nous allons simplement faire développer la pellicule papier prise sur le bateau, qui nous servira à envoyer nos cartes de vœux.
Nous passons ensuite la journée à nous poser des questions métaphysiques sur nos prochaines occupations. Nous décidons, après un subtil calcul de Stéph, de payer 23 dollars par personne pour prolonger notre visa, d'attendre jeudi pour partir pour Sapa pour 25$, et de redescendre à Ho Chi Minh par train et bus.
Mardi 4 décembre : Démarches administratives, et tranquille, tranquille…
Première mission de la journée : se rendre à Thai Airways pour rechanger la date de vol (pour Ho Chi Minh-Bangkok), ce qui nous fait en même temps découvrir d'autres quartiers. Nous filons ensuite donner nos passeports pour la prolongation de visa, puis allons à la poste envoyer nos pellicules et autres paperasses…
Enfin, après toutes ces démarches administratives, nous visitons le temple sur le lac, et dégustons un esquimau.
Un petit coup d'internet puis, comme souvent, nous achetons du pain pour notre petit-déjeuner, qui se compose d'un sandwich à la banane et de pain - beurre - confiture. Pour le thé, il n'y a qu'à demander de l'eau chaude à la réception, que l'on nous apporte dans un thermos (les chambres d'hôtel sont toujours équipées de thermos et tasses).
Mercredi 5 décembre : Le vieux Hanoi
Grande balade dans la vieille ville, où chaque rue représente un corps de métier : la rue des marchands de chaussures, la rue des libraires, la rue des épices, champignons séchés et herbes diverses, la rue des forgerons… etc.
Le midi nous passons à la “boulangerie” chercher petits sandwichs et gâteaux, et retournons au bord du lac.
Nous passons un long moment, assis presque sur le trottoir, à faire comme les locaux, c'est à dire rien : regarder les passants, les femmes portant sur leurs balanciers des paniers de légumes, les marchands de charbon, ou de fleurs, à vélos… Bref, on laisse filer le temps jusqu'au moment où trois cireurs de pompes nous tombent dessus et insistent pour faire quelque chose à nos sandales !
Jeudi 6 décembre : Route pour Sapa
Départ pour Sapa. Le bus passe une heure à prendre les clients dans les différents hôtels, puis quitte la ville. C'est parti pour quatorze heures de route.
Le bus s'arrête à 10h pour un petit-déjeuner. Sachant que tout le monde s'est levé vers 5h ce matin, ceux qui n'ont rien mangé avant de partir doivent déjà être morts. Nous prenons donc un deuxième petit-déj car le prochain arrêt est prévu à 15h.
Nous faisons une nouvelle pause à la tombée de la nuit, à la frontière chinoise. Dur dur d'être si près (de la Chine ), après avoir pris la décision de ne plus y aller.
Une belle chambre nous est attribuée à Sapa, propre, spacieuse, salle de bain agréable, et calme garanti. De grosses couettes recouvrent les lits, car nous sommes à 1500m d'altitude et les nuits sont fraîches (pas de chauffage dans la chambre, bien sûr !).
Vendredi 7 décembre : Petit trek en montagne et découverte de Sapa
Petit-déj en ville, où les minorités ethniques sont largement représentées, et facilement reconnaissables à leurs costumes traditionnels.
Départ à 9h pour une balade dans la montagne, où nous traversons divers petits villages. Des enfants (locaux) nous suivent dans la ballade, pas toujours par intérêt. Ambiance mystérieuse, car nous sommes à moitié dans le brouillard. Comme d'habitude, il semble que seules les femmes travaillent, soit à porter diverses charges sur leur dos, ou à tenter de vendre leur artisanat aux touristes. Certains se laissent tenter, tandis que d'autres profitent de la diversion pour “tirer des portraits”.
Retour en ville vers 13h, dîner et sieste. Lorsque nous ressortons, le brouillard s'est épaissi, ce qui n'empêche pas les femmes d'essayer de vendre leur bric à brac. Certaines nous proposent même de l'herbe ou de l'opium.
Samedi 8 décembre : Stéph malade
Stéph n'est pas bien ce matin : mal de dos à cause du matelas béton, mal de ventre, de tête, bref pas bien. Nous décidons de partir en ballade cet après-midi avec l'autre groupe et d'aller au marché ce matin. Le village est toujours dans le brouillard. Le marché est petit mais très pittoresque et nous craquons pour un tissu.
Stéph n'étant pas mieux cet après-midi, je pars seul pour une ballade de 8 km . Nous passons dans des petits villages où seuls des enfants nous reçoivent, les parents étant occupés dans les champs. La visibilité est meilleure en plaine mais dès le retour au village nous retrouvons le brouillard. Fracassé, je retrouve Stéph qui s'est fait chier. Le temps d'une douche, nous allons dîner et assistons à un petit concert dans un bar ; nous nous en allons avant la fin.
Dimanche 9 décembre : Retour à Hanoi
Retour pour Hanoi, 14 heures de bus ; décidément on en veut ! Aucune chambre n'est libre dans notre hôtel habituel ; nous allons donc en face pour 1 dollar de moins, mais retournons manger en face : canard servi dans un ananas, avec oranges. Une merveille !
Lundi 10 décembre : Retour à Hué
Pluie sur Hanoi, nous sortons les KWay. Au moins il y a beaucoup moins de mobylettes dans la rue et nous circulons plus facilement.
Passage à la boulang puis thé à l'abri. Courses, internet, déjeuner ; nous passons ensuite le reste de l'après-midi dans une agence qui fait resto et salon de thé. L'endroit est très agréable et nous permet d'attendre notre bus pour Hué (bus de nuit) au sec. Nous allons ensuite dîner d'incontournables nouilles chinoises puis attendons le bus devant l'agence. C'est en fait un taxi monospace qui vient nous prendre, fait 100 mètres et nous dépose devant un autre « Sinh Café (agence) ». Le bus arrive enfin, un peu plus classe que les autres, et surtout plus rapide.
Nous arrivons à Hué assez tôt le matin.
Mardi 11 décembre : Hué
Déception en ce qui concerne notre projet de prendre l'avion pour Nha Trang : ils ne partent que de Danang, et les agences ne vendent que des billets de train express très chers.
On décide donc d'enchaîner sur 5 heures de bus pour Danang. Le départ est à 13h30, ce qui nous laisse le temps de manger et de nous remettre de la nuit de bus.
Nous nous dépêchons de rejoindre Ho Chi Minh car le vol pour Bangkok part de là et nous en avons assez du Vietnam. Cela fait deux fois que l'on change la date du billet d'avion mais malgré tout on aimerait gagner encore 2 ou 3 jours.
Arrivés à Danang le bus nous dépose à l'autre bout de la ville et il nous faut négocier des mobylettes pour regagner le centre. Bien que cela ne nous ait jamais réussi au Vietnam nous dînons dans un resto local. Nous commandons une soupe qui s'avère être ridicule en taille. Une soupe au Vietnam suffit normalement pour un repas, nouvel essai manqué.
Mercredi 12 décembre : Du pâté Henaff au Vietnam !!
Une fois rendus au bureau de Vietnam Airlines, nouvelle déception. Contrairement à ce qui nous avait été dit, il y a avait un avion ce matin pour Ho Chi Minh ; les vols demain sont complets.
Nous partons donc à la gare voir si on a plus de chance. Un train part à 18h00. Nous prenons des billets et filons en cyclo-pousse à l'hôtel libérer la chambre. Courses pour ce soir, internet, déjeuner puis nous attendons dans le hall de l'hôtel l'heure du départ car il n'y a vraiment rien à voir dans cette ville.
De nouveau cyclo-pousse pour la gare, puis le train démarre avec seulement 15 minutes de retard. Nous sommes agréablement surpris par notre cabine couchette (il y a 4 couchettes), et nous sommes seuls pour l'instant. A 19h nous sortons nos courses : baguette française et une boîte de pâté HENAFF que nous avons dégoté au marché ! Il ne manque plus que les cornichons. Incontournables petites bananes en dessert.
Puis la contrôleuse arrive. Elle n'est pas d'accord sur la façon dont nous nous sommes installés, et le fait savoir sur un ton autoritaire, voire dictatorial. On est limite au garde à vous. Notre tranquillité sera de courte durée, car une heure plus tard, un vietnamien à qui la contrôleuse a désigné notre cabine, s'installe, sans bagages, bizarre, bizarre ; nous montons les nôtres.
Jeudi 13 décembre : Arrivée à Nha Trang
Malgré la peur de manquer la station et l'angoisse de se faire piquer des affaires nous avons bien dormi. Nous reprenons un cyclo-pousse car l'hôtel que nous visons est loin de la gare. Embrouille à l'arrivée car nous avons négocié un prix, mais les deux conducteurs, ne sachant pas trop où on allait, on accepté trop vite la course et ils réclament maintenant plus. Ils n'auront rien. C'est chaque fois la même chose.
Nous prenons une piaule à trois pas de la mer. Comme toujours, un peigne dans la salle de bain, de propreté douteuse, les sandales en plastoc pour sortir de la douche et la télé avec ses trois chaînes locales.
Après une grosse lessive nous allons acheter nos billets Nha Trang vers Ho Chi Minh, puis come-back au Louisiane, un café en bord de mer avec transats sur la plage, piscine à l'intérieur et surtout pâtisseries françaises.
Galère pour trouver un resto le soir, tout est plus cher qu'ailleurs. Nous optons pour un resto qui fait des pizzas, et le patron parle français. On discute un peu avec lui, mais comme toujours, il ne parle avec nous que par intérêt. Au bout de 5 minutes, il ne tient pas plus longtemps, il finit par nous proposer des sorties en mer ou autres excursions. Depuis le début nous n'avons jamais réussi à parler avec un vietnamien sans qu'il finisse par vouloir nous vendre quelque chose. Dès lors qu'il a conscience qu'il ne vendra pas la discussion ne l'intéresse plus. Le patron repasse une dernière couche en nous demandant du Doliprane (?). Apparemment il ne jure que par ça.
Autre exemple, lorsque l'on passe une commande dans un restaurant, et que par exemple quelqu'un rentre, le serveur n'écoute plus, il regarde qui rentre… il faut donc reprendre la commande depuis le début après avoir attendu qu'il veuille de nouveau s'intéresser à ce qu'il fait. Il est aussi souvent de coutume qu'un serveur s'assoit à la table de ses clients pour prendre la commande ; et ouaih c'est dur comme boulot… mais là je m'égare.
Vendredi 14 décembre : Continuation vers Ho Chi Minh
Matinée sur la plage puis déjeuner au Sinh Café. La bonne cuisine d'Hanoi est belle et bien finie.
Le bus est à 20h ce soir, reste à s'occuper jusque là. Pas facile car nous avons rendu la chambre d'hôtel à 13h et le ciel est noir. On abandonne donc la ballade prévue et après avoir traîné, on finit au Louisiane se mettre à l'abri. Stéph son bouquin, Stéph a toujours un bouquin, moi une revue française chapardée dans un Sinh Café (vu la poussière dessus elle ne manquera à personne). Boule de glace maison, thé et délicieux flan nature.
Nous ressortons avec l'idée de manger dans la rue, mais impossible, les prix « touriste » sont établis, les baisser c'est sûrement une de leurs nombreuses façons de perdre la face. On se contentera donc d'un épi de maïs à la braise.
Il peut paraître ridicule de négocier 1 franc, voir souvent 50 centimes, mais sachant que pour 3 francs on mange une bonne soupe, imaginez le nombre de repas économisés. Un paquet de gâteaux acheté plus tôt à 1,25 f nous est proposé plus tard à 5 f (la vendeuse préfèrera ne pas le vendre que le baisser un peu) ; les vietnamiens n'ont aucun scrupule envers les touristes, c'est donc aussi une question de principe.
Le bus du soir est à l'heure. Nous partons à 20h30 direction Ho Chi Minh, retour à la case départ (ne recevez pas 20 000 francs !).
Samedi 15 décembre : Envol pour Bangkok
Arrivés à 6h, après un petit déj, nous squattons le Sinh Café en attendant de nous rendre à l'aéroport. Quelques achats pour finir les derniers Dongs, puis un taxi nous dépose à l'aéroport. Passage au scanner obligé, nous vidons les pellicules diapos des sacs, que nous mettons dans nos poches ; je passe, mon appareil photo en bandoulière, personne ne nous dit rien et idem au 2è contrôle (on a peur que les diapos soient voilées si elles passent trop souvent aux scanners).
| Photos |