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Russie

De la frontière Lettonie/Russie à St Petersbourg

 

 

Vendredi 3 au jeudi 9 juillet 2009

Le passage de la frontière

Nous nous arrêtons dans la file d'attente à la frontière Lettonio/russe (?), que nous apercevons 200 mètres plus loin. La plupart des gens sont descendus de leur véhicule, d'autres font la sieste. Il est 15h45.
Nous faisons goûter les enfants et sortons la boîte de Légo. Stéph sympathise avec une allemande, et doit donc ressortir ses notions d'allemand de l'école... Il faut rester vigilant, même si cela avance très peu : un espace entre deux voitures qui n'est pas comblé assez vite, et c'est une voiture venue de derrière qui s'y met !
18h15. Nous franchissons le premier barrage, après avoir montré notre carte grise, puis un deuxième.

Le troisième barrage se présente sous la forme d'un hall métallique. Ne voyant personne, je (Norbert) franchis une première ligne blanche marquée d'un stop au sol, et m'arrête à la deuxième, sous le hall. Un homme sort d'un bureau, je lui fais signe et demande si je peux passer. Il me répond par le même signe ; je redémarre et pile aussitôt en entendant des hurlements à l'arrière du camping-car. Je sors et me présente devant un douanier lettonien (donc européen) qui a l'air vraiment fâché. Il emporte les permis de conduire et les passeports ; nous le suivons à son bureau.

Conversation en anglais :

Le Douanier : "Vous n'avez pas vu le feu rouge ?"
Norbert : "Non, quel feu rouge ?"
Le douanier nous montre la première ligne blanche et le feu rouge perché 10 mètres plus haut.
Norbert : "Il est vraiment très haut ce feu"
LD : "Oui mais il est rouge et vous êtes passés"
Stéphanie : "Au premier barrage le feu était rouge aussi et le douanier nous a demandé de passer"
LD : "Oui mais au premier barrage il y avait une barrière ; vous êtes passés lorsque celle-ci s'est ouverte"
Norb : "Désolé il n'y avait pas de barrière au premier barrage"
LD : "Si il y a une barrière. Vous connaissez le protocole ?"
Stéph : "Le protocole, quel protocole ?"
LD : "Vous devez payer"
Stéph : "On ne va pas payer pour ça"
LD : "Allez vous garer plus loin et revenez me voir" (une queue commence à se former derrière nous).
Pendant 10 minutes le douanier contrôle et laisse passer d'autres voitures, puis nous fait rappeler à lui.
LD : "Qu'est-ce que vous pouvez-dire par rapport à cette situation ?"
Norbert : "Je suis désolé monsieur"
LD : "Non, ce n'est pas la bonne réponse"

Il nous laisse mariner mais nous sommes bien décidés à rester calmes et courtois, mais surtout à rester toute la nuit s'il le faut pour trouver la bonne réponse ! Il veut notre pognon, on ne veut pas le lui donner, la situation est claire pour chacun. Nous revenons avec les enfants, rien de tel pour attendrir les plus coriaces. Après une dernière tentative, il nous rend finalement nos papiers. Revenus au camping-car on respire un grand coup. OUFFFFF !

Nous nous présentons au quatrième barrage ; nous sommes toujours dans le périmètre lettonien ; il est 19h00. Nous appelerons celui-ci le barrage de régulation de trafic (BRT), car lorsqu'arrive notre tour, la douanière (DRT) ne veut aucun de nos papiers et nous ouvre la barrière.

Le cinquième barrage (immigration des personnes) est russe. On remplit 8 formulaires : 2 par personne et nous sommes 4 ! On se trompe, petite rature refusée, alors on recommence.

Le sixième barrage concerne l'importation du véhicule. Super Stéph va présenter nos papiers ; je prépare un sachet de soupe aux enfants et un sandwich à la Vache Qui Rit (presque tout ce qu'il nous reste), ils sont ravis. Il devient urgent de faire les courses ! Les voitures qui défilent à côté de nous sont fouillées une à une à la lampe de poche.

Stéph qui parle :

"Après avoir vérifié les papiers d'assurance, la douanière me donne 4 formulaires à remplir, tous en russe (1 par personne, je suppose). Alors que je lui demande si elle parle allemand (beaucoup de frontaliers parlent allemand apparemment, et elle ne parle pas un mot d'anglais), elle me dit d'attendre et disparait.
Elle revient 10 minutes plus tard avec 2 formulaires en allemand ! Sauf que mon niveau d'allemand est relativement limité, surtout pour remplir ce type de renseignements. Devant mon questionnement elle récupère mes formulaires en allemand, me redonne les russes et me fait comprendre qu'il n'y en n'a pas en anglais.
Voyant mes difficultés à maîtriser la langue de Dostoïevski, elle demande alors au mari de l'allemande avec qui j'avais discuté précédemment (et qui parle russe) de m'aider à remplir le formulaire ! Je ne comprend pas toujours ce que me dit ce monsieur... Une heure après, un troisième comparse, qui passe la frontière, intervient alors, de nationalité russe et parlant très bien anglais. La situation se débloque. Finalement il ne faudra que 2 formulaires (pour le véhicule seulement).
Néanmoins de mauvaises cases ont été cochées : par deux fois la douanière me fait tout recommencer... le temps passe, je reste calme...
Elle me fait répéter trois fois notre itinéraire ; elle n'avait apparemment pas l'intention de nous laisser voyager trois mois en Russie avec notre véhicule."

22h30. Trois hommes et deux femmes se présentent à nous, lampe de poche et miroir pour voir sous le véhicule ; 2 d'entre eux montent dans le camping-car. Stéph ouvre les placards, j'ouvre les quatre trapes extérieures, plus le capot moteur que le douanier demande à inspecter en premier. Va-t-on y passer la nuit ? On ne peut toujours pas coucher les enfants.
Il est 23h15 lorsque nous passons le dernier barrage qui est en fait un péage. L'équivalent de 10 euros nous y est demandé pour les 'red roads' (routes nationales).

Nous faisons trente kilomètres sur la red road et tournons au premier village indiqué, situé deux kilomètres plus loin. La route n'est pas goudronnée, on a l'impression de rouler sur de la tôle ondulée. Arrivés dans le village on se gare au bord du fossé. Il est minuit et le soleil vient juste de se coucher, on est vannés.
Au réveil on se fait une petite lessive. Notre remontée vers le nord commence à se faire sentir, l'air est beaucoup plus frais. On reprend la route, la demi-heure de vélo passée. Nous roulons principalement dans la campagne et croisons peu de villages, dans lesquels toutes les maisons sont en bois, peintes de couleurs différentes, il y a sûrement très longtemps. Nous nous arrêtons en début d'après-midi dans les champs. Je ressors les vélos. Morgane prend de l'assurance sur les chemins de terre.
Je teste pendant ce temps la position macro de mon appareil photo. Nous testerons ce soir les moustiquaires du camping-car.

 


Saint-Petersbourg

Le cliché

Le choc des cultures

La légendaire Lada

Arrivés sur Saint-Petersbourg sans encombre, nous stationnons dans le jardin de la Maison de la Culture Progress, à moins de 500 mètres du métro le plus proche. Nous y passerons cinq jours, durant lesquels nous serons le seul camping-car. 15 euros la nuit pour se brancher sur l'électricité (économie de gaz pour le frigo, très important pour nous : le gaz ne sera pas toujours facile à trouver car les raccords de bouteilles sont souvent différents d'un pays à un autre ; nous devrons donc faire remplir notre bouteille en usine), eau à volonté, plus la sécurité et la tranquilité, c'est raisonnable.

Saint-Petersbourg

Nevski Prospekt, l'avenue la plus célèbre de Russie

Nombreux canaux

La première journée est consacrée à la découverte du centre historique. Nous nous y rendons en métro.
Quelques petits réglages sont au départ nécessaires pour appréhender correctement le fonctionnement du métro : achat des jetons, différents lorsqu'on passe au tourniquet avec des enfants, compréhension des stations : aucune station n'est écrite en anglais mais uniquement en cyrillique, il faut donc compter le nombre de stations qui défilent pour descendre au bon endroit, les stations en correspondance ont deux noms différents suivant la ligne que l'on emprunte...etc.
Bien sûr, les russes ne parlent pas anglais, c'est donc très difficile de se faire aider.
Attention aussi aux montées et descentes dans les wagons : rien ne prévient de la fermeture des portes, alors on se presse toujours aves les enfants.
Finalement on ne s'en sortira pas trop mal...
Les escalators qui nous entraînent sous terre ont une longueur vertigineuse : environ 200 mètres.
Certaines stations sont de vraies oeuvres d'art.

Eglise du Sauveur sur le Sang ou Eglise de la Résurrection

L'Eglise du Saint Sauveur sur le Sang est indescriptible de beauté ; aucune des nombreuses photos que nous ayons prises ne donne le rendu escompté. Elle a été bâtie à la fin du XIX siècle, et est en partie inspirée de la cathédrale Basile le Bienheureux à Moscou.

Nous faisons ensuite une balade d'une heure en bateau, et c'est l'occasion de découvrir Saint-Petersbourg d'une autre manière.
Ville traversée par la Neva, d'où partent de nombreux canaux, ses berges sont bordées de monuments plus beaux les uns que les autres.

Nous rencontrons beaucoup de couples de mariés se faisant prendre en photo devant les monuments phares de la ville ; ils descendent de limousines ou de Humer longs d'une dizaine de mètres.

Balade en bateau

Le pont des mariés

La voiture des mariés

Le centre-ville est très fréquenté, beaucoup de touristes, occidentaux ou russes. Au marché touristique les souvenirs se négocient aussi en euros ou en dollar. Saint Petersbourg est une ville très animée et moderne d'apparence : de nombreuses enseignes de boutique de luxe jallonent les grandes avenues, les terasses de café sont ouvertes, on trouve des distributeurs de banque à tous les coins de rue.
Nous assistons au tournage d'un film devant l'Eglise du Sauveur sur le Sang.

La croisière s'amuse

Le cavalier inconnu

Le marché touristique

Le deuxième jour, après une grass'mat bien méritée, nous partons en fin de matinée et allons tester, comme il est de coutume dans chaque capitale, le Mac Do local. Tout est affiché en russe, et pas toujours de photo. Le menu enfant diffère aussi un peu. Heureusement, au moment de passer la commande je (Stéph) trouve un menu traduit en de nombreuses langues, y compris le français. C'est donc plus facile pour montrer ce qu'on veut manger !
Il faut préciser que très peu de russes parlent anglais, y compris dans les fast food.

Cathédrale Saint-Isaac, dessinée au XIXe
par l'architecte français Ricard De Montferrand

Vue de dos

Grand hôtel

Nos nuits à St Petersbourg sont quelque peu perturbées : le soleil se couche excessivement tard en cette période de l'année, vers minuit 30, et se lève vers 4h du matin. Difficile de coucher les enfants. "Mais si les enfants, c'est la nuit !". En partant vers Moscou, donc vers le sud est, nos nuits devraient retrouver un cycle un peu plus normal.

Palais d'Hiver, XVIIIe

Abritant le musée l'Hermitage

Place Dvortsovaïa, face au Palais d'Hiver

La troisième journée est pour nous l'occasion de visiter le Musée de l'Hermitage, dont nous avons arpentés les extérieurs la veille. Un musée fabuleux, mélange du château de Versailles et du Musée du Louvre, en tous cas certainement un des plus beaux musées au monde. D'ailleurs la file d'attente d'environ deux heures en témoigne. Grâce néanmoins à notre guide de voyage favori, le Lonely Planet, nous profitons d'une combine : prendre une visite guidée, effectivement un peu plus chère, mais qui nous permet de pénétrer immédiatement dans l'enceinte du palais.

A la fin de la journée les enfants sont vannés, même s'ils ont pu se reposer à la pause Internet du musée pendant plus de deux heures, alors que j'essayais en vain de mettre à jour ce site.
Il n'y a a pas de cyber cafés à tous les coins de rue, et lorsqu'on en trouve un, les ordinateurs ou les réseaux ne sont pas toujours très fiables : coupures inopinées, impossibilité d'obtenir un accès FTP par lequel je mets à jour les pages avec ma clé USB, ou tout simplement pas de port USB...

L'Hermitage Musée magnifique

Escalier du Jourdain

La salle verte

Salle des Armures

Statues gréco-latines en marbre

Jupiter

Superbes collections

Un des nombreux escaliers de l'Hermitage

En fin de journée nous repartons en taxi, le retour en métro est inenvisageable pour Morgane et Témi. Il arrive fréquemment que nous les portions en fin de journée, Témi sur les épaules de papa, Morgane sur le dos de maman.
Malgré cela, nous leur décernons une médaille à chacun, pour avoir endurer de longues heures de marche pendant ces trois jours.